Guerre larvée entre le RNI et le PJD pour les présidences des communes et régions

Guerre larvée entre le RNI et le PJD pour les présidences des communes et régions

Initialement, il s’agissait de respecter la logique de la majorité gouvernementale. Le PJD s’y était engagé et le RNI aussi, sachant qu’ils sont les deux principaux membres de la majorité. Mais le cas Talbi Alami, le président de la Chambre des représentants qui a choisi de présenter sa candidature à la présidence de la commune de Tétouan, a quelque peu brouillé les cartes, et embrouillé les esprits.

Mercredi, il était encore question de privilégier la logique de la majorité et le RNI, qui avait été malmenée par les libertés de certains de ses dirigeants, mais le parti de Salaheddine Mezouar avait publié un communiqué réaffirmant son attachement à ses alliés au gouvernement.

Puis Rachid Talbi Alami avait présenté, au dernier moment et contrairement à ce qu’il avait dit quelques heures avant, sa candidature pour enlever la présidence de Tétouan, ce qui a conduit le président sortant, le PJDiste Mohamed Idomar, à contracter une alliance avec le PAM et l’Istiqlal.

Et le RNI, après un moment d’hésitation, sa soutenu le geste du président de la Chambre des représentants par une mention explicite dans un communiqué publié hier soir. Le document dit, en fait, tout et son contraire : il insiste sur la logique de la majorité, mais justifie les rapprochements avec d’autres partis, « dans le cadre d’une bonne gestion de la seconde phase des élections », puis il admet que certaines initiatives puissent être prises en dehors de la majorité, tout en contestant que le parti soit pris pour cible par les médias. Enfin, il réinsiste sur son respect du pacte de la majorité, avant de dire clairement qu’il soutient l’acte de Talbi Alami. De la haute voltige !

Et comme une attaque passe d’autant plus facilement si elle est grosse, exactement comme un mensonge, le communiqué du RNI estime « que le comportement unilatéraliste et l’absence de consensus dans certains cas peut justifier la prise de certaines décisions en toute responsabilité, dans un esprit démocratique » (sic).

Connaissant le RNI et sa capacité d’adaptation à toutes les situations, et connaissant aussi l’aptitude au marchandage, voire au chantage, de Salaheddine Mezouar, on peut penser qu’il a fait pression sur le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui a dit, cité par nos confrères de medias24, « ne garder aucune rancune au RNI ni à M. Talbi Alami ».

Benkirane garde à l’esprit la volatilité du RNI et ne perd pas de vue son besoin des élus de ce parti pour s’assurer d’autres présidences dans certaines communes et Régions, sans compter la cohésion du gouvernement.

Cela étant, ces dispositions des uns et des autres indiquent que jamais cette alliance gouvernementale quelque peu hybride n’a été plus fragile, et la situation présente augure de la violence à attendre dans quelques mois pour la bataille législative.



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