ONU: António Guterres alerte sur un monde miné par les conflits et les inégalités
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a dressé mercredi devant l’Assemblée générale un tableau peu flatteur d’un monde en proie aux “conflits, à l’impunité et aux inégalités”, appelant les États membres à l’unité, au respect de la Charte de l’ONU et à des réformes "audacieuses" du système multilatéral.
Présentant pour la dernière fois ses priorités annuelles devant les États membres, le chef de l'ONU a averti que le système international est soumis à des pressions "sans précédent", précisément au moment où la coopération est la plus indispensable.
“C’est le paradoxe de notre époque : au moment où nous avons le plus besoin de coopération internationale, nous sommes les moins enclins à y recourir et à y investir”, a-t-il déclaré, évoquant un contexte "chaotique” marqué par l’aggravation des divisions géopolitiques et les coupes drastiques dans l’aide au développement et à l'action humanitaire, sur fond d’une situation financière de l’ONU jugée “totalement intenable”, sapant la confiance dans le multilatéralisme.
Face à ces défis, le haut responsable onusien a plaidé pour une réforme en profondeur des institutions internationales. “Les solutions de 1945 ne permettront pas de résoudre les problèmes de 2026”, a-t-il relevé, faisant remarquer le déplacement du pouvoir économique mondial, l’essor des économies émergentes et l’expansion des échanges Sud-Sud.
“Ceux qui tentent de s’accrocher à leurs privilèges aujourd’hui risquent d’en payer le prix demain”, a-t-il averti, appelant notamment à une réforme du Conseil de sécurité. Guterres a estimé que l’action collective devait s’appuyer sur trois principes fondamentaux, à commencer par le respect de la Charte des Nations Unies.
“La Charte n’est pas un menu à la carte, c’est un menu à prix fixe”, a-t-il dit. La paix, a-t-il poursuivi, doit impérativement être associée à la justice. De Gaza à l’Ukraine, en passant par le Soudan et d’autres foyers de tension, le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité de poursuivre sans relâche une paix fondée sur le droit international.
“La paix est plus que l’absence de guerre”, a-t-il nuancé, établissant un lien direct entre paix durable et développement durable, alors que près des deux tiers des Objectifs de développement durable sont en retard, dans un contexte de déficit annuel de financement estimé à 4.000 milliards de dollars pour les pays en développement.
La paix avec la nature est tout aussi essentielle, a-t-il ajouté, avertissant qu’“un monde plongé dans le chaos climatique ne peut être un monde en paix”.
En troisième lieu, l’unité constitue, selon le SG de l'ONU, la seule réponse à la polarisation croissante, au racisme et à la xénophobie. Exhortant les États à investir dans la cohésion sociale et l’inclusion, il a souligné que “le choix est clair : inclusion ou isolement, renouveau ou déclin”.
António Guterres a en outre expliqué avoir choisi de s’exprimer “sans détour, car la situation l’exige”, appelant à rejeter la complaisance et l’indifférence. “La Charte nous sert de guide. Notre quête de paix et de justice est notre raison d’être”, a-t-il conclu.