Climat : hausse record du niveau des mers, l’ONU alerte sur une menace mondiale majeure
L’élévation du niveau de la mer s’accélère à un rythme sans précédent et représente désormais l’une des « menaces les plus graves » pour les populations, les économies et les écosystèmes, avertit un rapport du Secrétaire général de l’ONU rendu public lundi.
Le niveau moyen des mers a augmenté de 4,7 millimètres par an entre 2014 et 2023, fait savoir le document, qui alerte sur une hausse record de 5,9 millimètres enregistrée en 2024 sous l’effet du réchauffement exceptionnel des océans.
Le rapport avertit, en outre, que ce phénomène, principalement causé par les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, continuera de s’intensifier au cours des prochaines décennies.
Il relève que près de 770 millions de personnes vivent dans des zones côtières situées à moins de cinq mètres au-dessus du niveau maximal des marées, ce qui les expose à des risques croissants d’inondation, d’érosion, de salinisation des ressources en eau douce et de dégradation des écosystèmes.
L’ONU met particulièrement en garde contre les conséquences pour les petits États insulaires en développement et les zones côtières de faible altitude, dont certains pourraient devenir partiellement ou totalement inhabitables.
Le document évoque également la possibilité de déplacements massifs de population, certaines estimations faisant état de jusqu’à 1,2 milliard de personnes déplacées d’ici à 2050 sous l’effet combiné de l’élévation du niveau de la mer et d’autres impacts climatiques.
Les répercussions économiques sont également considérables, indique le rapport. Les dommages aux infrastructures côtières pourraient se chiffrer à plusieurs milliers de milliards de dollars au cours du siècle, alors que les pertes annuelles liées aux inondations dans les grandes villes côtières pourraient dépasser 1.000 milliards de dollars d’ici à 2050.
Face à ces défis, le rapport appelle à une réduction rapide des émissions mondiales, à un renforcement substantiel des financements de l’adaptation et à une coopération internationale accrue.
Il insiste également sur la nécessité de développer les systèmes d’alerte précoce, les infrastructures résilientes et les solutions fondées sur la nature, tout en renforçant les cadres juridiques destinés à protéger les populations touchées et à préserver les droits des États menacés par la perte de territoire.