Rabat : le campus de l'UM6P accueille la 2ᵉ cohorte du programme LEAD
L’Africa CEO Forum a annoncé, mardi, le lancement de la deuxième promotion de LEAD, son programme de leadership panafricain, un an après le démarrage de cette initiative continentale destinée à faire de l’excellence en matière de gouvernance publique le socle d’un nouvel élan de transformation pour l’Afrique.
Portée par une communauté de hauts décideurs publics engagés dans la modernisation de l’État et la transformation numérique du continent, cette nouvelle cohorte rejoindra, pour trois jours, du 28 au 30 août 2026, le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Rabat, précise Africa CEO Forum dans un communiqué.
Pour sa deuxième promotion, LEAD réunira 50 fellows, hauts décideurs publics engagés dans la conception et la mise en œuvre des politiques économiques et sociales du continent, fait savoir la même source, notant que pendant ces trois jours, les participants prendront part à des sessions de travail collectif et collaboratif, des échanges entre pairs et des rencontres avec des personnalités issues des sphères publique, économique et académique, afin de confronter leurs pratiques et de construire des réponses communes aux grands défis de la gouvernance.
Parmi les intervenants figurent Mehdi Jomaa, ancien chef de gouvernement tunisien, Donald Kaberuka, Managing Partner & Founder de SouthBridge Group et ancien président de la Banque africaine de développement, Serge Ekue, président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Sanjay Jain, co-créateur d’India Stack et Director of Digital Public Infrastructure à la Gates Foundation, ainsi que Mauricio Cardenas, Professor of Professional Practice in Global Leadership à Columbia SIPA et ancien ministre des Finances de Colombie (2012-2018).
Ils partageront leurs expériences de réforme, leurs arbitrages en matière de politiques publiques et leur vision des priorités continentales.
Tout au long du programme, la cohorte bénéficiera du soutien privilégié de l’Université Mohammed VI Polytechnique, Asafo&Co, la BOAD, BCG et la Banque africaine de développement, partenaires de LEAD, qui ont choisi d’investir dans la transformation de l’action publique africaine.
Créé par l’Africa CEO Forum, LEAD est un programme de leadership dont l’ambition est de repositionner l’élite administrative africaine comme moteur de réforme, de performance et de dialogue avec l’ensemble des parties prenantes du continent africain.
LEAD, qui est destiné aux hauts décideurs publics africains, vise à constituer une communauté durable de responsables publics capables de partager leurs expériences, de confronter leurs pratiques et de construire des solutions communes pour répondre aux grandes transformations économiques, technologiques et institutionnelles que connaît l’Afrique.
Cette communauté se structure autour de trois piliers, à savoir la modernisation de l’État, l’amélioration du service public et le renforcement de la coopération entre gouvernements, institutions de développement et acteurs privés.
Composée de 36 fellows issus de plusieurs administrations et institutions, représentant 24 pays du continent, la première cohorte de LEAD a illustré dès sa première année la qualité et le potentiel de cette communauté. En moins de douze mois, six de ses membres ont connu une évolution professionnelle significative : deux ont été nommés ministres, deux ont accédé à des fonctions stratégiques au plus haut niveau de l’État et deux ont été promus à des postes de direction générale.
Ces évolutions, qui représentent 16,7% de la première promotion, témoignent du rôle de LEAD comme accélérateur d’impact au sein des administrations africaines.
En rassemblant chaque année une nouvelle cohorte de fellows appelés à rejoindre la communauté des alumni LEAD, l’initiative s’inscrit dans une trajectoire de long terme : fédérer, à terme, plusieurs centaines de décideurs publics africains unis par une même culture de transparence, de performance et de coopération régionale, selon le communiqué.
Tout au long de l’année, les fellows ont consacré leurs travaux au renforcement de l’action publique africaine afin de faire de l’excellence en matière de gouvernance publique un levier central de transformation. Une campagne de sensibilisation, dans le cadre de l’Africa Public Service Day, a notamment permis de mettre en lumière celles et ceux qui, au sein des administrations et des institutions du continent, transforment concrètement les politiques publiques et améliorent les services proposés aux citoyens.
Les membres de la cohorte ont également pris part à une table ronde spéciale organisée à Kigali dans le cadre de l’ACF 2026, afin de porter leurs réflexions auprès d’une communauté élargie de dirigeants publics et privés. Cet espace d’échange a renforcé le rôle de LEAD comme plateforme de dialogue entre élite administrative et acteurs économiques du continent.
Et de souligner que les infrastructures publiques numériques, ou Digital Public Infrastructure (DPI), ont constitué le principal fil rouge des travaux de cette première année.
Les discussions ont porté sur des sujets au cœur de la souveraineté numérique des États africains : identité numérique, paiements, échange sécurisé de données, interopérabilité, gouvernance et protection des citoyens.
Ces travaux ont permis d’examiner les conditions dans lesquelles les États africains développent, pour certains, et peuvent développer, pour d’autres, des infrastructures partagées, ouvertes et suffisamment robustes pour améliorer la qualité des services publics tout en favorisant l’innovation locale et en préservant la capacité des pouvoirs publics à définir les règles du jeu.
Par ailleurs, cette année de travail s’achève par la publication, en collaboration avec BCG, Knowledge Partner de LEAD, d’un livre blanc consacré à la place de l’Afrique dans l’économie numérique et l’intelligence artificielle. Alors que l’économie numérique ne représente encore qu’environ 5% du PIB africain, contre près de 15% à l’échelle mondiale, le document appelle le continent à passer d’une logique de consommation technologique à une logique de création de valeur.
Le livre blanc identifie trois priorités structurantes pour les acteurs publics africains : construire des infrastructures numériques partagées qui servent de colonne vertébrale aux services publics et aux innovations privées, mutualiser les investissements afin d’atteindre une taille critique et d’éviter la fragmentation des efforts à l’échelle continentale, et favoriser des architectures ouvertes et interopérables, avec la confiance et la gouvernance intégrées dès leur conception, de manière à protéger les citoyens tout en stimulant l’écosystème entrepreneurial.
“La première cohorte de LEAD confirme une conviction simple : l’Afrique dispose déjà des femmes et des hommes capables de transformer profondément l’action publique. Notre responsabilité, avec nos partenaires, est de leur offrir, au niveau panafricain, un espace où confronter les expériences, construire des solutions communes et faire émerger une nouvelle génération de politiques publiques”, a indiqué le président de l’Africa CEO Forum, Amir Ben Yahmed, cité par le communiqué.
“Avec cette deuxième cohorte, nous voulons accélérer le passage de l’ambition à l’exécution, notamment sur les infrastructures publiques numériques et l’intelligence artificielle, deux enjeux décisifs de souveraineté, d’efficacité de l’État et de création de valeur pour le continent”, a-t-il ajouté.