Élections législatives : les provinces du Sud se distinguent par une forte participation électorale
Les provinces du Sud du Royaume se sont distinguées, mercredi, par un fort taux de participation aux élections législatives, plusieurs d'entre elles ayant enregistré des niveaux dépassant les 70% à l'issue du scrutin.
Le taux de participation a ainsi atteint 77% dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, 61% dans la région de Dakhla-Oued Eddahab et 53,48% dans celle de Guelmim-Oued Noun.
Ces niveaux de participation viennent confirmer une tendance déjà observée lors des précédentes échéances électorales, marquées par une forte affluence des électeurs des provinces du Sud dans les bureaux de vote.
Pour Moulay Boubkir Hamdani, président du Centre de réflexion stratégique et de défense de la démocratie à Laâyoune, la forte participation enregistrée dans les provinces du Sud constitue "l'un des faits marquants" de ce scrutin législatif.
Dans une déclaration à la MAP, M. Hamdani a souligné que cette forte participation traduit d'abord un intérêt soutenu des électeurs des provinces du Sud du Royaume pour l'exercice de leur droit de vote et, plus largement, pour la participation à la vie publique.
Elle témoigne également, selon lui, de l'importance qu’ils accordent à l'acte électoral comme moyen de choisir leurs membres de la Chambre des représentants.
Le constat relatif à la forte participation des électeurs des provinces du Sud aux échéances électorales n’est pas nouveau. Lors des législatives de 2016, la participation avait atteint 57,21 % dans la circonscription de Laâyoune. En 2021, ce taux avait atteint 66,94 % dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, 63,76 % à Guelmim-Oued Noun et 58,30 % à Dakhla-Oued Eddahab.
Même si les périmètres territoriaux ne sont pas exactement identiques, ces chiffres montrent la continuité d'une forte participation électorale dans les provinces du Sud, a affirmé M. Hamdani.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance, a-t-il noté, citant notamment l'intensité de la compétition locale, la proximité entre candidats et électeurs, la capacité de mobilisation des partis, l'importance des enjeux territoriaux, le renouvellement des candidatures et la perception par les citoyens de l'utilité de leur vote.
À cela s'ajoute le déploiement de la campagne électorale dans l'espace numérique, les réseaux sociaux ayant contribué, selon lui, à accroître la circulation de l'information électorale et l'intérêt porté au scrutin, surtout auprès des jeunes.
Cette forte participation revêt également une dimension institutionnelle plus large, en ce qu'elle témoigne de la place qu'occupent les élections en tant que mécanisme de contribution des populations des provinces du Sud à la gestion des affaires publiques, a noté M. Hamdani.
"Au-delà du taux enregistré, l'élément essentiel réside donc dans la continuité de cette forte participation d'un scrutin à l'autre", a-t-il conclu, estimant qu'elle constitue un indicateur de la dynamique de la politique locale et de la place qu'occupe l'acte électoral dans l'implication des citoyens des provinces du Sud dans la vie publique.