Le commerce des armes se porte très bien, le Maroc et l'Algérie en tête des importateurs d’Afrique
De la période 2005-2009 à celle courant de 2010-2014, le commerce d’armes classiques de toutes catégories a fait un bon de 16%, un secteur qui n’a donc absolument pas connu la crise. C’est le Sipri (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), qui donne cette information dans son dernier rapport publié 16 mars. Les Etats-Unis et la Russie restent les deux premiers pourvoyeurs de ces équipements dans le monde avec respectivement 31 et 27%, suivis de loin par la Chine et l’Allemagne, qui pointent avec 5% des exportations mondiales. En Afrique, ce sont les deux frères ennemis Algérie et Maroc qui tiennent le haut du classement en matière d’importations d’armes de guerre.
Ainsi, les importations d’armes en Afrique ont augmenté de 45% entre 2005-2009 et 2010-2014 selon les chiffres publiés ce lundi par l’institut. Celui-ci relève que pour la période 2010-2014, l’Algérie, le Maroc et le Soudan sont les trois pays africains ayant importé le plus grand nombre d’armes avec respectivement 30%, 26% et 6% des importations du continent.
De 2005 à 2014, le Maroc s’est engagé dans une sorte de course pour rattraper le retard sur son voisin. Et donc, son volume d’importations a augmenté de 11%, contre 3% pour l’Algérie, mais ce dernier pays a également passé commande pour des équipements « confidentiels », que le rapport du Sipri ne dévoile pas.
On notera à travers les données fournies dans le rapport que les pays arabes et musulmans, Turquie comprise, sont les plus gros importateurs d’armes : pays du Golfe, Irak, Turquie, Maroc et Algérie.
Les forces armées marocaines bénéficient d'un taux de professionnalisation plus élevé que celles de l'Algérie : selon The Military Balance 2013, sur 110.000 hommes, l'armée de terre algérienne compte 35.000 militaires de carrière, tandis que sur un effectif de 175.000 hommes, l'armée de terre marocaine dispose de 75.000 engagés.
Si l'on ne considère que les chiffres en ce début d'année 2013, en excluant les intentions d'achat et les matériels devant être livrés ainsi que ceux dont l'existence n'est pas avérée, l'Algérie aligne 685 chars relativement modernes et jusqu'à 300 moins récents (les T-62, que certaines sources mentionnent comme en réserve ou retirés du service), soit 985 chars de combat au total. Le Maroc dispose quant à lui de jusqu'à 550 chars inférieurs aux T-90S algériens (à l'exception des VT-1A) ou plus ou moins équivalents aux T-72, et de quelques M60A1 (non portés aux standards M60A3TTS).
Pour les forces aériennes, l'aviation algérienne regroupe davantage d'appareils de combat : 36 appareils modernes et 71 plus anciens, face à, respectivement, 24 et 46 pour le Maroc. Si l'on additionne les avions d'entraînement capables de mener des missions d'attaque au sol et de lutte contre-guérilla, la comparaison s'établit ainsi : 156 contre 89, soit deux contre un, identique à celui des hélicoptères de combat : 33 contre 19. En ne considérant que les lanceurs de missiles sol-air intégrés à des batteries, l'Algérie aligne au moins 334 lanceurs contre au 85 pour le Maroc. Enfin, sur mer, l'avantage numérique appartient aussi à l'Algérie, avec 4 sous-marins, 9 frégates et corvettes contre 6 frégates et corvettes marocaines.
Il reste que les armées ne sauraient valablement être comparées que si on introduit d’autres facteurs, plus qualitatifs : l’histoire militaire, l’engagement sur des théâtres extérieurs et dans des manœuvres avec les armées d’autres pays... Sans parler, bien évidemment, de la loyauté et surtout de la professionnalisation des armées, dans le sens où plus une armée est politisée et moins elle est professionnelle.