Rachid Belmokhtar parle beaucoup pour dire que le temps n’est plus à la parole
Le ministre de l’Education nationale était à une conférence pour parler de son département. Et il a beaucoup parlé pour expliquer que le temps n’était plus à la parole, mais à l’action… Un constat accablant pour les anciens ministres de l’Education, dont lui-même (février 1995-août 1997), qui ont pris des décisions désastreuses.
Aujourd’hui, à entendre le ministre, l’école publique marocaine connaît trois grands problèmes : la compétence des enseignants, la morale et la gouvernance. Rachid Belmokhtar a donc assuré son auditoire que son département établit – encore… – un diagnostic de ces grands maux, pour lesquels, donc, les mots ne suffisent plus.
Résultat : 76% des jeunes élèves, après quatre ans d’études, ne maîtrisent pas la lecture. Solution ? Ils doivent (les élèves) au terme de trois ans d’apprentissage, savoir lire, écrire et compter. Fort bien, mais comment ? Revoir le système de notation, trouver une idée pour les langues d’apprentissage, sachant que rien n’est encore arrêté dans le choix entre français et anglais, allonger d’un à trois ans la durée de formation des enseignants… Paroles, paroles, comme aurait dit la défunte Dalida.
Pendant ce temps, le Conseil supérieur de l’Education et de la Formation continue de plancher sur le rapport à présenter au roi Mohammed VI. La question principale reste encore la langue à privilégier, dans le cadre d’un débat de plus en plus vif sur la darija et les langues étrangères. Dans l’intervalle, le ministère est de plus en plus budgétivore, avec 27% du budget de l’Etat qui est englouti, essentiellement dans les salaires.