Réponse de l’AMDH et du MUR à la question de l’avortement

Réponse de l’AMDH et du MUR à la question de l’avortement

Depuis que le débat sur l’avortement fait rage au Maroc, et depuis l’implication du roi Mohammed VI dans ce débat suite à l’audience accordée à ses deux ministres de la Justice et des Affaires islamiques, les réactions des uns et des autres arrivent pour enrichir les discussions.

Ainsi, l’Association marocaine des droits de l’Homme répond comme on aurait pu s’y attendre, réclamant le respect des droits des femmes à disposer de leur corps et affirmant que le maintien du corpus pénal actuel est de nature à favoriser encore plus l’avortement clandestin et à mettre en danger les vies de plusieurs personnes ; l’AMDH demande donc de « d’autoriser les interruptions de grossesse sous contrôle médical si la santé physique et psychique de la mère est menacée, ainsi que de prendre en considération les conditions physiques et mentales des mères et leur disposition financière à assumer un enfant ; enfin, l’avortement devrait être permis dans les cas où la grossesse ne serait pas désirée ». L’AMDH va donc plus loin que les trois conditions qui emportent généralement l’adhésion de tous, à savoir le viol, l’inceste et la malformation du fœtus.

Pour sa part, le Mouvement Unicité et Réforme, l’aile de prédication du PJD, a fait publier un communiqué, absolument superbe dans la langue de bois et le refus de se prononcer clairement sur cette question  ultrasensible au sein de la société et de la mouvance islamique. Et donc, pour le MUR, la règle doit aller à « la préservation de la vie et de la famille », sous la supervision totale et entière de la justice et suite à des expertises médicales intègres… « Les enseignements de la religion, et l’effort d’interprétation en fait partie, sont suffisants à trouver des solutions adéquates aux problématiques posées, dans le cadre et l’objectif du respect de la famille et de la morale publique, et permettent de solutionner les cas d’exception. Cela doit cependant se faire dans le cadre du respect de la sacralité de la vie et de la préservation des âmes innocentes, ainsi que de la criminalisation de tous les actes qui portent atteinte à ces principes ».

Autrement dit, si pour l’AMDH, les femmes ont le droit d’avorter en cas de grossesse non désirée, pour toutes sortes de raisons, le MUR insiste pour que l’avortement soit l’exception, et que tout le reste continue de tomber sous le coup de la loi. Le MUR est en effet divisé entre l’avis évolutif et évolué, sous conditions, du Dr Saâdeddine el Othmani, et le refus franc et massif d’Ahmed Raïssouni, les deux personnes étant des dirigeants influents au sein du MUR.

On attendra donc le mémorandum demandé par le roi au gouvernement et au CNDH, mais selon des sources bien au fait de la question, Mohammed VI serait plutôt favorable à un assouplissement du rite malékite en vigueur au Maroc, et connu pour sa sévérité à l’égard de toute forme d’avortement, qu’elles qu’en soient les raisons.

 



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