Ce que l’on risque à s’en prendre au roi…
Ce matin, le ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid s’exprimait devant l’institut Carnegie pour le Moyen-Orient, sur l’état des libertés et de la justice au Maroc ; il a dit plusieurs choses intéressantes, souvent, mais fausses aussi, parfois…
Ainsi, s’agissant du roi Mohammed VI, le ministre a eu cette remarque : « Il existe des cas où les gens s’en prennent au roi ou lui manquent de respect, et il n’y a aucune poursuite contre les auteurs de cela. Dans la politique pénale qui est la nôtre aujourd’hui, aucune personne ne peut être inquiétée pour avoir dit des choses sur le roi car lui en personne qui a ordonné que nul ne puisse être poursuivi, même s’il parle en mal de lui car il ne veut pas réprimer les gens mais aspire à ce qu’ils le respectent »… Dont acte. On le sait, maintenant… il faut juste que policiers et juges le sachent aussi.
Pris dans et par sa verve habituelle, le ministre PJD de la Justice a certes reconnu que « le Maroc n’est pas un paradis des droits de l’Homme », et que les libertés « tanguaient quelquefois, mais en gros le Maroc avance en la matière ». Certaines associations, qu’il n’a pas nommées, seraient responsables de ce tangage… S’agirait-il de l’Association marocaine des droits de l’Homme, engagée depuis plusieurs mois dans un véritable bras de fer avec le ministère de l’Intérieur ? Sans doute.
Et puis, Ramid a aussi assuré que le Maroc a définitivement rompu avec les politiques de torture systématique, exactement l’expression utilisée par son collègue à la Communication Mustapha el Khalfi lors de sa désormais fameuse interview à Europe 1 fin février. Cela signifie qu’il peut exister des cas de violence et de torture, mais isolées et aussi sanctionnées. Il en va de même pour les cas d’enlèvements « et je défie quiconque de dire le contraire sur les enlèvements », affirme le ministre. On le croit volontiers.
Et puis, voilà que le ministre de la Justice affirme que « il n’existe pas un seul cas de journaliste emprisonné au Maroc ». Manque de chance, « ses » propres juges le démentent quelques minutes plus tard, en infligeant 10 mois de prison ferme et une amende de 40.000 DH à Hicham Mansouri, membre de l’association marocaine du journaliste d’investigation pour… complicité d’adultère… En matière de droits, il y a encore du travail, semble-t-il…