Un journaliste condamné à 10 mois de prison pour... adultère !
Hicham Mansouri, membre de l’association marocaine du journalisme d’investigation, avait été arrêté de manière plutôt musclée le 17 mars dernier, dans son appartement de Rabat. Il était en galante compagnie. Il avait été déshabillé et roué de coups par la dizaine d’agents qui avaient forcé l’entrée de son appartement. La justice vient de le condamner. Lourdement.
Ainsi, Hicham Mansouri a été condamné aujourd’hui à 10 mois de prison ainsi qu’au paiement d’une amende de 40.000 DH, une somme anormalement élevée pour la justice marocaine. La femme qui était avec lui a écopé elle aussi d’une peine de prison, après que son mari ait maintenue sa plainte contre elle ; or, le collectif de défense de Mansouri affirme que la dame est divorcée.
Mais mariée ou divorcée, si la justice devait traquer tous les cas semblables en ce pays, elle devrait créer une brigade spéciale de police avec un effectif de corps d’armée…
Hicham Mansouri menait enquête sur le contrôle cybernétique au Maroc, ainsi que sur la surveillance numérique. Il avait été molesté le 24 septembre dernier, par des inconnus que personne depuis n’a jamais retrouvés. Forcément…
Et, bien évidemment, cette affaire donne du grain à moudre à la Fédération internationale des droits de l’Homme, à Freedom Now, et à bien d’autres encore qui cherchent la faille et auxquels certains des « responsables » marocains facilitent volontiers la tâche ; ces organismes exploiteront à raison cet acte, disons-le, stupide, des auteurs de cette arrestation et de cette condamnation. Oui, malgré l’autorité de la chose jugée et apparemment très mal jaugée, quand un jugement est inique, il importe de le signaler, de le dénoncer, et de s’élever contre lui. Peut-être qu’en appel, les magistrats seront mieux inspirés et, même dans ce cas, le mal aura été fait.
Adultère… 10 mois pour adultère… « Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous », disait à juste titre, malheureusement, Montesquieu, auquel répond près de deux siècles plus tard Courteline : « Gare, si un jour les gens nerveux s'en mêlent, lassés de n'avoir pour les défendre contre les hommes sans justice qu'une Justice sans équité ».