L’UC élira son secrétaire général dans un mois ; entretiens croisés

L’UC élira son secrétaire général dans un mois ; entretiens croisés

L’Union constitutionnelle, parti créé dans les années 80, s’apprête à élire son secrétaire général, en remplacement ou en reconduisant l’actuel, Mohamed Abied.  Un congrès était réuni la semaine dernière et a mis en place le Conseil national qui devra voter pour le prochain patron de ce parti d’opposition, qui a connu son heure de gloire aux temps glorieux de Driss Basri. Il semblerait que pour cette élection, les règles démocratiques et de transparence seront respectées et trois candidats principaux sont en lice pour la fonction, Mohamed Abied (ingénieur, 74 ans), Anouar Zyne  (journaliste, 36 ans) et Driss Radi (entrepreneur, 52 ans). Nous avons interrogés les deux premiers, le troisième étant resté injoignable.

Les élections pour élire le nouveau secrétaire général de l’UC ont été reportées. Quelles en sont les raisons ?

Mohamed Abied : Pour bien clarifier les choses, il ne s'agit pas d'un report. Cette décision de tenir les élections dans un mois a été prise à l'unanimité bien avant le congrès. C'est un choix et notre règlement interne nous permet de le faire. Nous avons ainsi décidé de consacrer les travaux du congrès essentiellement à l’examen des rapports des commissions et le parlement du parti a décidé d'élire les structures dans un mois, ou moins.

Anouar Zyne : Personnellement, je ne vois pas de raison particulière, si ce n’est que ce choix, possible de par nos statuts, a été pris par le congrès, d’un commun accord entre les militants. Le Conseil national électif reste donc ouvert, depuis le congrès, dans sa session «zéro». C’est un signe de maturité et de fair-play, puisque le secrétaire général sortant, M. Mohamed Abied, se trouvait ce jour-là, le dimanche, dernier jour du congrès, en mission officielle à Tunis.

Le vote aura lieu par le biais de bulletins secrets. Qu'est ce qui justifie ce choix ?

Mohamed Abied : Nous voulons innover. L'ère du temps l'impose. Nous avons voulu faire les choses dans une démarche démocratique. Ceci dit s'il y en a qui veulent voter à main levée, rien ne les empêche de le faire.

Anouar Zyne : C’est le choix naturel. L’une des mécaniques de la démocratie, c’est le vote par bulletins secrets, sur la base d’un choix entre les candidatures, dans le cadre de l’expression normale et solennelle des membres du Conseil national, dûment habilités à voter. C’est une première dans l’histoire de l’UC et nous pouvons toutes et tous en être fiers. C’est aussi un impératif après 2011, le congrès de l’organisation de la jeunesse, le congrès de l’organisation de la femme, où tout le monde a tenu à pratiquer l’exercice des urnes et en accepter les résultats.

Êtes-vous candidat à votre  propre succession?

Mohamed Abied :  our l'instant j'assume ma mission jusqu'à l'élection du futur secrétaire général de l uc. Je dirais que je ne suis ni candidat ni pas candidat. Je suis les deux à la fois. La commission des candidatures doit se réunir cet après-midi pour finaliser la liste définitive et arrêter les noms. Juste pour rappel  et encore une fois pour plus de démocratie, l'élection se fait par région pour un meilleur équilibre.

Anouar Zyne (s’il est élu) : Personnellement, je suis partisan d’un seul mandat dans l’exercice des responsabilités au sein d’une famille politique. Quatre ans est un délai raisonnable pour tout donner, le meilleur de soi, en compagnie d’une équipe qui sait d’emblée qu’elle est là pour agir, et non pas pour durer. Si je suis élu, ce serait ma préférence, mais le prochain congrès dans quatre ans sera souverain, pour renouveler sa confiance, ou pour chercher un sang neuf qui aura forcément plus d’envie et plus d’énergie à donner.

L'opposition dont vous faites partie a demandé une audience au Roi. Qu'est ce qui a été au cœur de vos revendications ?

Mohamed Abied :  Le nom de Sa Majesté ne doit pas être utilisé dans la campagne électorale. Le Roi est au-dessus de la mêlée. C'était la notre principale revendication. Nous voulions communiquer sur le fait que certains partis dont celui de la majorité utilisent ce genre de formule et que ce n'était pas correct. Nous avons donc saisi le palais Royal, la réponse était immédiate et nous sommes satisfaits.

Anouar Zyne : Je ne suis pas au courant évidemment du détail des revendications. Mais je suppose que l’opposition réclame une meilleure approche participative des questions de sociétés et la gestion des grands sujets de la nation. Nous sommes dans un mandat de transition, post-2011, où la seule logique numérique pour faire passer des lois importantes au parlement n’est pas suffisante.

Propos recueillis par Qods Chabaâ et Aziz Boucetta

 

 

 



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