L’Etat protège-t-il ses citoyens menacés ?
En juillet dernier, devant le parlement, le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad avait affirmé détenir une liste de citoyens marocains menacés par l’organisation dite « Etat islamique », qui accueille près de 1.500 combattants marocains, sans compter ceux qui, au Maroc, ont fait allégeance à son calife autoproclamé. Suite au récent démantèlement de la cellule des « descendants de Youssef ben Tachfine », inféodée à Daech, des noms ont été confirmés. Qu’en est-il de leur protection ?
Les responsables gouvernementaux
Trois sont « naturellement » visés par Daech, et sont étroitement protégés par des officiers de sécurité qui ne les quittent pas d’une semelle. Selon nos confrères d’Akhbar Alyoum, il s’agit du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane (qui ne cesse de tourner la chose à la dérision), et des ministres de l’Intérieur et de la Justice, Mohamed Hassad et Mustapha Ramid. Ces trois responsables disposent en outre de voitures blindées, équipés de dispositifs anti-balles et anti-explosifs. Akhbar Alyoum rapporte également que ces véhicules ont été mis à la disposition de ces trois responsables par le roi Mohammed VI, dès qu’il a appris qu’ils faisaient l’objet de menaces.
D’autres informations relatives au modus operandi que les présumés terroristes devaient appliquer ont été dévoilées, à savoir qu’ils projetaient des actions type Chokri Belaïd, cet opposant tunisien qui avait été abattu voici deux ans à la porte de son domicile, alors qu’il était dans sa voiture, par deux hommes armés qui ont pris ensuite la fuite en moto.
Les autres « cibles »
D’autres responsables politiques et intellectuels figureraient sur la liste des cibles des terroristes locaux, et dont nous ne divulguerons pas les identités. Ces personnes se présentent comme défenseurs de la laïcité et clament haut et fort leurs idéaux modernistes, comme essentiellement la liberté de conscience et la séparation des sphères religieuse et politique.
Ces gens sont mis sous protection des services de sécurité, mais selon plusieurs informations concordantes, cette protection est discrète, dans le sens où la surveillance se fait à leur insu, par des policiers en civil qui les suivent de près mais qui ne sont pas apparents. L’Etat aurait offert à certains d’entre eux des programmes de protection comme le changement de domicile par exemple, mais ils ont refusé, préférant poursuivre une existence normale et ne pas céder à la peur ou aux menaces.