L’État doit abandonner son rôle monopolistique dans l'éducation, selon Citoyens du Maroc

L’État doit abandonner son rôle monopolistique dans l'éducation, selon Citoyens du Maroc

L'éducation nationale au Maroc est en souffrance, voie en déshérence, mais ça on le savait déjà... Même le ministère l'avoue et le confirme, mais que faire? L'association Citoyens du Maroc a une proposition. Cette structure de la société civile composée de  membres bénévoles de divers profils vient de présenter les résultats de  son étude.

Mais avant, cette étude qui a nécessité un travail de deux ans avant de voir le jour a été présentée à plusieurs personnalités politiques, au parlement, au Conseil économique et social, au Conseil de l'enseignement supérieur... Ce plaidoyer propose un nouveau système pour l'Education nationale, « un projet d'école » comme l’a bien dit Souad Terrab, la secrétaire générale de l’association. A ses côtés se trouvait le président Younes el Hlimi, qui a détaillé le nouveau programme proposé.

L'Etat doit ainsi abandonner son rôle monopolistique et opter pour celui du régulateur. « Nous ne mettons pas en concurrence le secteur privé et le secteur public, cela concerne les deux à la fois. L'Etat doit réguler et contrôler l'école publique et l'école privée ».  Pour étayer  son propos, Younes el Hlimi se réfère aux expériences qui ont réussi comme le cas de l’ANRT, Maroc Telecom ou encore l'Office des ports.

La formation des enseignants, exclusivité de l'Etat à travers le ministère de l'Education nationale, doit selon le président de l'association être ouverte  aux écoles privées également. Une autre proposition concerne le mode de gouvernance. « Chaque ministre qui arrive annule le travail de son prédécesseur. Et cela impacte négativement l'Education nationale », souligne Younes El Hlimi. Pour pallier à cela,  les membres de l'association proposent une loi-cadre sur dix ans. Tous les ministres doivent s'y conformer avec une évaluation qui doit être réalisée tous les cinq ans pour examiner l le travail du (des) ministre(s). Et c'est le Conseil supérieur de l'enseignement qui devrait faire ce travail. Fort bien, mais qui contrôlera l'Etat ? « La société civile », répond l'ancien ministre Moulay Ismail Alaoui, lui aussi membre de Citoyens du Maroc.

Toujours dans le volet gouvernance, il serait utile de séparer les pouvoirs et d’encourager les académies régionales à prendre les prérogatives, sachant que l'autonomie qui leur est déjà octroyée ne figure que dans les textes et absolument pas dans la réalité. « Le problème au Maroc est que nous avons des textes de lois mais ils ne sont pas appliqués. C'est là où se trouve notre grand malheur », assène Moulay ismail Alaoui.

Dernier axe,  l'approche systémique, à savoir appliquer une mise à niveau en assainissant et en personnalisant le système actuel. Tout un programme. Le gouvernement va-t-il prendre en compte ce plaidoyer ? « Nous l'espérons en tout cas. On nous a demandé de rédiger la loi cadre que nous avons proposée, et nous y travaillons ».

Bref, on continue de parler, pendant que les générations passent…

 



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