Les policiers convaincus de corruption à Tan Tan limogés
Du nouveau dans l’affaire des deux policiers de Tan Tan filmés par un touriste espagnol alors qu’ils lui demandaient un pot-de-vin ou, plus exactement, un droit de passage… . La direction générale de la Sûreté nationale vient d’annoncer leur limogeage. On se rappelle, en janvier, de ce Gustavo qui était en road-trip dans le sud marocain, munie d’une caméra fixée à son casque. Il filmait tout sur son passage, y compris les policiers qui étaient loin de le savoir.
Les deux fonctionnaires avaient réussi à lui soutirer 50 DH au terme d’une scène ubuesque où ils avaient tout tenté, contournant l’écueil de la langue. Le touriste espagnol avait posté la vidéo sur youtube, déclenchant une série de commentaires sur les réseaux sociaux, à la grande colère – compréhensible – de l’état-major policier du pays.
Et cela ne s’était pas arrêté là. La scène avait eu un effet boule de neige. Pour avoir reçu ce pot de vin, les deux policiers ont été condamnés à un mois de prison ferme ainsi qu’à une amende de 2.000 DH chacun. Puis, dans un second temps, la DGSN avait publié une circulaire où elle annonçait son intention de réprimer sévèrement à la fois le corrupteur et le corrompu, dans une volonté de mettre un terme à ces actes indélicats, et surtout de ne plus le faire savoir.
Depuis, plusieurs personnes ont été arrêtées et déférées devant la justice. Plusieurs policiers ont été révoqués, essentiellement à Casablanca, et d’autres, parmi ceux qui filment sont inquiétés par la justice ; l’un d’eux, qui avait accusé – à tort semble-t-il, puisqu’il n’y a pas de preuve – des policiers de se laisser graisser la patte a écopé de six mois de prison et de quelque 200.000 DH d’amende.
Si cette décision de la DGSN n’est pas une simple campagne, encore une, l’approche est bonne car elle dissuadera les uns de prendre de l’argent, et les autres de filmer tout le monde, parfois à tort.