Après avoir reçu l’opposition, deux conseillers du roi écoutent Abdelilah Benkirane

Après avoir reçu l’opposition, deux conseillers du roi écoutent Abdelilah Benkirane

A l’approche des élections communales et régionales avec, à l’horizon la formation d’une nouvelle Chambre des Conseillers, les deux camps politiques en présence affûtent leurs armes. Ils s’étripent  donc allégrement. Mais l’opposition a demandé l’arbitrage du roi et, en garant constitutionnel des institutions, celui-ci a répondu présent.

Ainsi, vendredi 27 mars, et à leur demande, les dirigeants de l’opposition avaient été reçus au cabinet royal où ils avaient rencontré les conseillers du roi Fouad Ali el Himma et Abdellatif Menouni. Driss Lachgar (USFP), Taoufiq Hjira (Istiqlal), Mustapha Bakkoury (PAM) et Mohamed Abied (UC) avaient alors exprimé leur désapprobation de ce qu’ils considèrent comme étant une instrumentalisation du roi et de sa fonction par Benkirane qui avait dit, un jour, en meeting populaire que « le roi a sauvé le gouvernement ».

Et puis, la semaine dernière, selon Akhbar Alyoum qui rapporte l’information, c’était au tour d’Abdelilah Benkirane d’être « entendu » par les deux mêmes conseillers et il leur a expliqué que c’était l’opposition qui avait ouvert le feu avec des attaques personnelles contre lui, comme quand le secrétaire général de l’Istiqlal Hamid Chabat avait accusé le chef du gouvernement d’entretenir des relations (type grand écart, NDLR) avec Daech et le Mossad israélien.

On remarquera que d’après les informations qui circulent, ou qui ont fuité, les 4 dirigeants de l’opposition avaient été quasiment convoqués par le cabinet royal et qu’ils s’y étaient précipités, ventres (entre autres) à terre, dans le fol espoir de rencontrer le chef de l’Etat. Las, ce n’était « que » ses conseillers. Or, pour Abdelilah Benkirane les deux mêmes conseillers se sont déplacés vers Benkirane, dont le bureau se trouve certes dans l’enceinte du palais royal, mais les gestes ont un sens et ce sens serait le respect dû, même par le palais, à la fonction de chef du gouvernement. On ne le convoque pas, on se déplace chez lui, sauf quand il s’agit du roi, chef de l’Etat ; et c’est heureux…

La question qui se pose cependant est la suivante : puisque le roi, aux termes de l’article 42 de la constitution est « Chef de l’Etat, son Représentant suprême, Symbole de l’unité de la Nation, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et Arbitre suprême entre ses institutions », pourquoi son intervention et son arbitrage ne sont-ils pas rendus publics ? La réponse pourrait intervenir sous forme de communiqué… aussi bien senti que pesé.



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