Le Festival Gnaoua et Musiques du monde, comme quand vous y serez…

Le Festival Gnaoua et Musiques du monde, comme quand vous y serez…

La 18ème édition du Festival Gnaoua et Musiques du Mondes (FGMM) a été présentée hier, et on en sait donc plus sur cet évènement désormais incontournable dans l’agenda culturel marocain et aussi africain, et même mondial. De grands changements ont été annoncés hier par sa productrice Neila Tazi. Présentation du FGMM en quelques points, certains aussi inédits qu’importants.

1/ La date a été avancée, passant de la mi-juin à mai, et plus précisément du 14 au 17. La raison consiste dans la concomitance avec le mois de ramadan, qui doit débuter vers le 18 mai. Un mois avant est donc une bonne période, et évite également de coïncider avec la période des examens, qui démarrent à fin mai.

2/ Le Maroc a déposé une demande auprès de l’UNESCO pour l’inscription de la culture Gnaoua au patrimoine oral mondial et immatériel de l’humanité. Cette demande a enclenché un processus qui durera deux ans et les experts de l’UNESCO effectueront des déplacements au Maroc pour procéder aux vérifications et aux études nécessaires aux fins d’inscrire cette magnifique culture gnaouie au patrimoine universel ; leurs démarches se fonderont, entre autres, sur l’immense travail abattu l’année dernière pour la réalisation de l’ « Anthologie de la musique gnaoua ».

3/ Mieux vaut tard que jamais… Le FGMM sera soutenu en partie par la municipalité d’Essaouira, qui aidera ainsi la production à boucler un budget de 12,6 millions de DH pour réussir cette manifestation culturelle qui célèbre la musique et la culture gnaouies lesquelles, comme l’explique si éloquemment le Mâalem et directeur artistique Abdeslam Alikane, sont empreintes de spiritualité, voire même d’une certaine forme de parapsychologie qui assure la communion de plusieurs centaines de milliers de personnes réunies durant quelques jours dans une même ville, devenue cosmopolite.

4/ En matière de programmation, plusieurs fusions inédites sont proposées cette année encore. Exemples

Mâalem Hamid el Kasri et Humayun Khan, universitaire et musicien virtuose ;

Mâalem Mohamed Kouyou et Tony Allen, le batteur inégalable qui fut longtemps le complice de l’icône Fela Kuti ;

Mâalem Hassan Boussou et Kenny Garett, le saxophoniste naguère incontournable de Miles Davis ;

Mâalem Mahmoud Guinéa et le grand batteur Karim Ziad qui a associé son nom au FGMM.

5/ Des concerts solo sont programmés aussi avec les Ambassadeurs maliens que sont Amadou Bagayoko, Cheikh Tidiane Seck et le légendaire Salif Keita et sa voix envoûtante.

6/ La musique marocaine sera aussi à l’honneur avec le (très) talentueux Barry, et les non moins prolifiques et magiques Hind Zahra et Aziz Sahmaoui (Orchestre national de Barbès)

7/ La musique, on le sait, adoucit les mœurs, mais la culture et l’intellect caressent l’esprit. Et le Forum de cette année se tiendra sous le thème « Femmes d’Afrique, créer, entreprendre » ; il faut savoir, pour prendre la mesure de ce thème, que 70% de la main-d’œuvre d’Afrique est constituée de femmes. Le Forum est organisé depuis trois ans maintenant en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme, et les Gnaouas ont pu bénéficier de plus de droits depuis quelques années, sous l’impulsion du FGMM, comme par exemple le fait d’être reconnus en artistes à part entière, avec les avantages sociaux qui vont avec.

Ainsi donc, et contrairement à d’autres festivals, uniquement festifs, le FGMM est aussi instructif. Comme pour les autres événements, le FGMM fait la part belle à la musique  mais cette musique est profonde, spirituelle, universelle, peu, très peu bling-bling et, surtout, permet des rencontres intellectuelles, profondément réflexives et interculturelles.

Le FGMM est, quitte à se répéter, un moment incontournable car il permet de « s’enfermer » hors du temps et de l’espace pendant 4 jours durant lesquels le festivalier pense le matin et se dépense le soir, avant de s’en retourner, le dimanche venu, repu, apaisé, vers ses soucis habituels.

Enfin, et comme l'a si justement expliqué Neila Tazi, le FGMM est en ces temps troubles et violents un moment de paix, un acte de résistance et un instant de communion où les hommes partagent ce qu'ils ont de meilleur...



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