La difficile question de la langue bloque les travaux du Conseil de l’Education
Le Conseil de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique, présidé par Omar Azzimane, devait remettre son rapport fin mars, mais cela n’a pas été le cas. La raison ? Ce qui semble être des dissensions entre la centaine de membres qui constituent cet organisme chargé d’élaborer la nouvelle vision stratégique pour l’éducation. La raison de ces dissensions ? La langue d’enseignement primaire et les langues étrangères, essentiellement.
Ainsi, présentant les travaux de sa session ordinaire en fin de semaine dernière, Omar Azzimane a déclaré que pour la question controversée et porteuse de division qu’est la langue, le Conseil n’a pas pu trouver de compromis entre ses membres. Et donc, explique le président, « il nous faudra bien passer par le vote si nous n’avons pas de majorité qui se dessine ».
La question de la langue avait été soulevée sur deux plans : celle des premières années d’enseignement, quand Noureddine Ayouch avait proposé d’accueillir les jeunes élèves en darija, qui est la langue d’usage dans la rue et à la maison. Cela avait suscité une brutale levée de boucliers des arabophones, levée de boucliers à juste titre mais excessivement brutale.
L’autre aspect de la langue concerne les langues étrangères. Faut-il privilégier le français ou l’anglais ? Si la langue de Molière a ses défenseurs, celle de Shakespeare a aussi les siens, et la logique aussi. L’anglais est en effet bien utilisé dans le monde, mais son introduction dans le corpus éducationnel national poserait des problèmes pratiques : formation des enseignants, leur effectif, leur rémunération, les relais de la langue dans la vie quotidienne…
Omar Azzimane a encore du pain sur la planche et ce ne sont pas les membres de son Conseil, attachés à leurs idées, qui lui faciliteront la tâche. S’achemine-t-on vers un arbitrage royal ? Tout porte à le penser.