Les relations Maroc-Espagne au beau fixe, malgré tout
Ces dernières semaines, plusieurs incidents ont ébranlé les relations prévalant entre Rabat et Madrid mais, à chaque fois, les deux diplomaties ont veillé à éteindre le feu qui menaçait de prendre. Dernier événement en date, l’étrange décision d’un juge espagnol de poursuivre des responsables marocains pour… génocide.
Il y a eu d’abord Crans Montana à Dakhla, avec la participation de l’ancien premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, contestée par le ministre des Affaires étrangères. Puis ensuite, le Bureau central des investigations judiciaires a démantelé une aussi importante qu’inquiétante cellule de Daech, indiquant que les armes de poing saisies étaient entrées au Maroc par Melilla… Et puis le drame des trois spéléologues, dont deux sont morts dans le Grand Sud marocain, et ces informations en provenance d’Espagne affirmant que le Maroc avait refusé l’assistance de l’Espagne dans les opérations de sauvetage. Dernier événement en date, la décision du juge Pablo Ruz de lancer des mandats d’arrêts contre des responsables marocains et d’émettre des commissions rogatoires pour d’autres.
Hier, le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar était à Madrid pour mettre les choses au clair, et affirmer, haut et fort, en compagnie de son homologue, que les relations entre les deux voisins sont à leur meilleur niveau et le resteront. Concernant la décision du magistrat de l’Audience nationale, Mezouar a suggéré qu’elle inspirait plus le rire qu’autre chose, laissant aussi entendre que le personnage était en quête de gloire personnelle. Le ministre espagnol des Affaires étrangères n’a pas réagi ce qui, en langage diplomatique, vaut acquiescement.