Le visa pour la France change de procédure, et de prix, dès fin avril
Les services consulaires français ont délégué la mission d’accueil des demandeurs de visa à une entreprise privée, TLS Contact, qui traitera les demandes, relèvera les empreintes digitales et acheminera les dossiers vers les consulats de France au Maroc. Dès le 28 de ce mois d’avril.
Aujourd’hui, il faut le dire, les consulats de France assurent un accueil agréable aux demandeurs, du moins nettement meilleur que leurs équivalents belges et surtout espagnols. Les rendez-vous, pris par téléphone, sont fixés une semaine à un mois à partir de l’appel.
Désormais, les demandes seront effectuées par internet et il n’y aura plus de contact entre les consulats et les demandeurs. Les services consulaires et diplomatiques français, qui suivent dans la démarche ceux d’Italie, d’Espagne et de Belgique, expliquent cela par une volonté de simplifier les procédures, et de les accélérer. Mais au vu des conditions de sécurité draconiennes qui sont appliquées aux entrées des consulats, on peut penser aussi que la dimension sécuritaire n’est pas loin. Ils sont actuellement 400.000 Marocains à solliciter le visa pour la zone Schengen, dont la moitié environ pour la seule France.
En gros, on peut dire que tout cela relève de la bien connue logique de la privatisation de certains services publics. Et cela, forcément, a un coût. Jusqu’au 28 avril, les Marocains paieront encore 640 DH pour un visa touristique de court séjour. Dès le 29 avril, ce prix sera majoré de 30%, passant à 918 DH. Un joli pactole pour la République, si on multiplie par 200.000 personnes.
Cela étant, deux questions se posent. Est-il légal que des passeports, documents d’identité par excellence, soient remis à une entreprise privée par leurs titulaires marocains ? Et, puisqu’il est impossible d’imposer une réciprocité à certains pays, pour raisons économiques et historiques, pourquoi ne pas réfléchir à imposer une taxe d’entrée sur le territoire marocain, payable à l’arrivée, en fonction de la durée et de la nature du séjour des Européens sur notre sol ?