Le secteur médical inquiet de l’application de la nouvelle loi sur le capital privé dans les cliniques
C’était lors d’une conférence réunissant plusieurs représentants des différentes structures et associations médicales et paramédicales… Les praticiens ont fait part de leur appréhension quant à la bonne mise en œuvre de la nouvelle loi autorisant l’introduction du capital privé non médical dans les cliniques. Le bénéfice serait donc privilégié par les nouvelles sociétés, au détriment de la santé des Marocains.
Ainsi, le secrétaire général du Syndicat des médecins du secteur privé, le Dr Mohamed Naciri Bennani met en garde contre cet article 60 de la nouvelle loi 131.13, précisant que cet article est en contradiction avec l’article 2 de la même loi qui interdit la logique commerciale dans la santé et le traitement des malades. De plus, la constitution serait à son tour malmenée, selon le même intervenant, étant entendu qu’elle dispose du droit à la santé pour tout citoyen.
Or, selon le Dr Nacici Bennani, si le grand capital investit dans les cliniques, la gestion rigoureuse de ces entités le conduira inévitablement à augmenter ses ressources – donc le coût du traitement – en encadrant plus rigoureusement ses charges, donc l’achat de consommables et l’investissement dans des appareils. Cela ira donc à l’encontre des intérêts des pauvres et des classes moyennes qui verront de cette manière les prix augmenter dans les cliniques privées.
Pour sa part, Driss Mohand, de la coalition pour le droit à la santé, estime que la loi a été conçue et adoptée en dehors de l’approche participative – ce que récuse le ministère – et en conséquence, il craint que ce fameux droit à la santé prévu par la constitution ne recule, cédant la place à la loi de l’offre et de la demande, qui léserait voire porterait préjudice aux malades.