Nabil Ayouch va au Festival de Cannes avec son dernier film, « Much Loved »
Cette année, durant le festival de Cannes qui se tient du 14 au 23 mai prochains, le dernier film de Nabil Ayouch sera projeté, et pourrait être primé, alors même qu’il n’est pas encore totalement achevé. « Much loved » a été retenu dans la sélection de la catégorie «La Quinzaine des réalisateurs».
La Quinzaine des réalisateurs est une section parallèle du Festival de Cannes, créée par la Société des réalisateurs de films (SRF) mais non compétitive, qui se donne pour objectif de découvrir les films de jeunes auteurs et de saluer les œuvres de réalisateurs reconnus. Créée dans la contestation du festival, en 1968, par des cinéastes portés par le mouvement de mai 68, cette quinzaine s’est finalement imposée dans le monde du 7ème art.
Nabil Ayouch est heureux (on le comprend), et il le dit : « Nous pensions finir le film pour début juillet mais la sélection cannoise nous a obligés à accélérer le processus. Le comité de sélection a vu un premier montage il y a 10 jours et a eu un vrai coup de cœur pour le film. Ce fut beau à entendre. ‘Much Loved’ s’est fait dans des conditions très particulières, beaucoup d’intensité, de tension. Pour toute l’équipe et les comédiens qui ont fait preuve d’une dévotion exemplaire, pour moi, cette sélection cannoise vient comme une délivrance ».
« Much loved » est l’histoire de filles de joie à Marrakech, des putes, quoi… Noha, Randa, Soukaina, Hlima se montrent et se dévoilent, attirent et aguichent, se plient aux volontés de leurs mâles clients qui leur font subir toutes sortes d’avanies et d’humiliations… Les quatre filles ne disent rien, se contentent d’encaisser les coups, les brimades et surtout l’argent, tout en se soutenant et en s’épaulant dans les (nombreux) moments durs vécus à une, à deux, à trois et aussi à quatre… Le film montre l’antagonisme de cette société qui sait mais se tait et qui, quand elle parle, éructe contre ces filles et les insulte, comme si elle ne savait pas. De la grande hypocrisie sociale mise en scène par un grand Nabil Ayouch, réalisateur et aussi scénariste.
«Secrètement, je rêvais de la Quinzaine des Réalisateurs. C’est une sélection très cinéphilique, prestigieuse, exigeante », jubile Ayouch, qui a déjà vendu les droits monde du film à Celluloïd Dreams, un très réputé distributeur international.
Avec « Much loved », Nabil Ayouch en est à sa deuxième participation au festival de Cannes. En 2012, son long métrage très primé « Les Chevaux de Dieu » était déjà dans la sélection officielle.