Ramid n’est pas contre la suppression des circonstances atténuantes  pour « crime d’honneur »

Ramid n’est pas contre la suppression des circonstances atténuantes  pour « crime d’honneur »

C’était lors de la rencontre nationale organisée par le ministre de la Justice et (un peu) des Libertés Mustapha Ramid en début de semaine. L’article qui a suscité les réactions les plus vives était le 418, se rapportant à ce qu’on appelle les « crimes d’honneur », quand un des deux époux agresse son conjoint surpris en flagrant délit d’adultère et qu’il bénéficie de circonstances atténuantes, même en cas de coups et blessures ayant occasionné le décès du conjoint. La plupart des intervenantes étaient des femmes spécialisées dans la question, et qui ont obligé Ramid à céder du terrain.

Ainsi, la députée et avocate socialiste Aïcha Lkhemmas a expliqué que dans les délits d’adultère, et dans l’écrasante majorité des cas, les hommes ne pardonnent pas à leurs femmes surprises avec leur amant. Dans la situation contraire, 99% des épouses trompées retirent leur plainte contre leurs maris, et elles sont le plus souvent contraintes de le faire pour ne pas subir l’opprobre de leur entourage.

Cela signifie que l’article 418 concerne presqu’exclusivement les femmes car elles ne vont que très rarement jusqu’au meurtre, contrairement aux maris trompés.

D’autres participantes ont noté que cet article ramenait le Maroc à des décennies en arrière et que le « crime d’honneur », bien que résultant d’une pratique relevée au Maroc, est excusé dans d’autres pays que le nôtre. Un crime reste un crime, ont-elles expliqué, adultère ou non, flagrant délit ou pas.

Répondant à ce feu roulant de critiques, le ministre de la Justice a précisé que l’article en question avait déjà été amendé du temps de son lointain prédécesseur feu Mohamed Bouzoubaâ, dans le sens d’une égalité des droits aux circonstances atténuantes entre maris et femmes, mais il a conclu son intervention par un très louable : « … Aujourd’hui, si vous souhaitez qu’on retire cet article définitivement, et qu’il n’y ait plus de circonstances atténuantes, et bien nous le ferons ».

 



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