Don d’organes, ce n’est pas encore gagné au Maroc, mais cela s’organise

Don d’organes, ce n’est pas encore gagné au Maroc, mais cela s’organise

Le Maroc connaît aujourd’hui une campagne autour des dons d’organes. Le ministère a organisé aujourd’hui une rencontre sur le thème « de mes organes, une nouvelle vie », destinée à encourager les gens à faire don de leurs organes. Mais l’association Reins du Pr Amal Bourqia n’est pas en reste, lançant elle aussi une campagne de sensibilisation sur les dons et les greffes de reins. Coïncidence ou « concurrence », là n’est pas la question, l’essentiel étant de sensibiliser les populations.

En ouverture de sa rencontre à Rabat, le ministre de la Santé Houssaïne el Ouardi, sur tous les fronts en ce moment,  a regretté que malgré les moyens dont le Maroc dispose et son rôle avancé en matière de greffe, le pays n’enregistre pas encore des données suffisantes en matière de don d’organes, les gens n’étant pas vraiment ni suffisamment convaincus et « présentent encore certaines craintes à faire don d’eux-mêmes et d’un organe ».

Et de donner des chiffres… Ainsi, de 2012 à 2014, 125 reins seulement ont été transplantés (contre 9.105 en France par exemple) et 5 foies (3.281 en France). Il faut donc, ajoute le ministre, que les Marocains soient davantage persuadés du bien-fondé du don d’organes et pour cela, il est important de dépasser certaines convictions religieuses, qui sont par ailleurs fausses. C’est pour cette raison que la conférence était prévue avec le ministre des Affaires islamiques et le président du Conseil des Oulémas, qui devront s’engager à inciter les prédicateurs et imams à plus s’impliquer dans leurs sermons en incitant les croyants à donner leurs organes, de leur vivant ou post-mortem.

De son côté, l’association Reins du Pr Bourquia, néphrologue universitaire, lance aussi dans ce cadre une campagne d'inscription sur le registre de don d'organes au tribunal de la première instance de Casablanca à partir du vendredi 17 Avril 2015. En effet, et ainsi que l’avait fait le ministre de la Justice Mustapha Ramid, il faut consigner par écrit, au greffe du tribunal, sa volonté de faire don de ses organes après son décès.

« Au Maroc, au moins 3.000 personnes nécessitent chaque année un traitement par dialyse chronique. Actuellement près de 1.000 sont dialysées régulièrement et seules 200 ont eu une greffe rénale », explique le Pr Amal Bourquia. On remarquera la différence de chiffres entre le Professeur ministre et la Professeure militante…

L’Association avait également lancé une pétition en ligne appelant à un débat national sur le don et la greffe d’organes en vue de faire évoluer les mentalités sur cette question. C’était à l’occasion de ses dix ans d’existence et de la célébration de la 10ème Journée mondiale du don et de la greffe d’organes.



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