Dernière ligne droite à l’ONU avant le vote sur le Sahara
Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a examiné hier mercredi le rapport de l’Envoyé spécial du Secrétaire général Ban Ki-moon sur le Sahara. Christopher Ross, comme cela est devenu une coutume depuis 1001, année où le cessez-le feu avait été déclaré, recommandera le renouvellement pour un an du mandat de la Minurso. Et cela devrait passer sans problème.
Les 15 pays membres du Conseil de Sécurité ont coutume de laisser l’administration américaine rédiger le texte de la résolution qui reconduira la mission de l’ONU pour un an, jusqu’en avril 2016. Mais cette année, contrairement aux trois précédentes, il n’y aura pas de suspense et encore moins de tension, les Américains et le groupe des « Amis du Sahara » n’ayant pas ajouté de clause prévoyant l’extension du mandat de la Mission aux questions des droits de l’Homme.
Le Maroc, depuis trois ans, déploie de louables efforts dans deux directions. Un, lutter fermement et au besoin violemment contre toute volonté d’inclure les droits de l’Homme dans cette mission et, deux, prendre des dispositions sérieuses quant à cette question de respect des droits.
Cette année, le Maroc peut se targuer d’avancées en matière de droits de l’Homme, bien que des bémols existent encore. Ainsi, le royaume a abrité à Marrakech, en novembre, le 2nd Forum mondial des droits de l’Homme, et des progrès reconnus à l’international ont été réalisés pour cette question ; par ailleurs, l’Algérie, habituellement très active dans ce dossier, est prise dans ses problèmes internes, tant politiques pour la succession d’un président grabataire et dont le dauphin peine à être désigné, qu’économiques, avec un plongeon des ressources pétrolières.
Par ailleurs, l’ancrage du Maroc dans son continent, son implication religieuse dans plusieurs pays et la réaction virulente contre la France – et aussi, un peu, l’Espagne – pour tout ce qu’il considère comme des ingérences dans ses affaires intérieures (entendez les droits de l’Homme), ont conduit les puissances occidentales à aller à l’essentiel, c’est-à-dire le péril jihadiste incarné par Daech.
Cela étant, les répressions systématiques des manifestations de l’AMDH, l’arrestation et la condamnation un peu suspectes du journaliste d’investigation Hicham Mansouri, les entraves à la liberté de la presse (principalement française), sont autant de points noirs dans le dossier des droits de l’Homme au Maroc. Mais le monde ne va pas s’en faire pour si peu… Après tout, le Bureau central des investigations judiciaires est là et fait le travail, dans le respect des droits, comme il ne cesse de le dire…
Le vote sur le renouvellement de la mission onusienne est programmé pour lundi 27 avril. Il devrait encourager "les parties à aller de l'avant dans la poursuite des négociations en vue de parvenir à un accord définitif et durable".