Pas de 1er mai pour les syndicats, mais un mois de mai chaud
Une décision sans précédent, étrange… Les syndicats marocains ont décidé de boycotter leur fête, le 1er mai, en signe de protestation contre ce qu’ils considèrent comme « une légèreté gouvernementale » à l’égard de leurs revendications. UMT, CDT et FDT (courant Azzouzi), ont donc proclamé qu’il n’y aura pas de défilés ce jour-là mais que, en échange, le mois de mai sera celui de toutes les actions possibles, jusques-y compris une grève générale.
« Mépris du chef du gouvernement pour les revendications syndicales »… c’est ainsi que le chef de l’UMT Miloudi Moukharik a défini ce qu’il pense être l’attitude d’Abddelilah Benkirane. « Une décision d’importance devait être prise, mais nous avons voulu, à la coalition syndicale, donner une chance supplémentaire à ce dialogue. Jamais les syndicats n’ont été traités avec autant de légèreté et de condescendance, et le chef du gouvernement verra bien que nous ne resterons pas les bras croisés », assène Moukharik, qui passe à la menace claire : « Soyez assuré que ce que nous entreprendrons aura une charge politique importante et que chacun pourra le constater ».
Répondant à cela, le ministre de l’Emploi Abdeslam Seddiki a indiqué que ce qui se passe aujourd’hui est « le fruit d’un malentendu, qui sera dépassé incessamment », et que le gouvernement, qui reprendra courant mai le dialogue social, préfère s’atteler d’abord aux questions non contraignantes sur le plan budgétaire, avant de passer à la réflexion sur l’amélioration des conditions salariales.