Etrange 1er mai pour d’étranges syndicats…
On ne sait pas si c’est une première mondiale, mais cela en a tout l’air… Les principales centrales syndicales du Maroc ont décidé de boycotter leur fête, après les préparatifs qui ont lieu en pareille occasion… L’avenue de l’Armée royale à Casablanca est étrangement vide, et les rues et boulevards de Rabat aussi. Etrange donc, et insolite, un de ces spectacles que seul le plus curieux du monde peut produire... Le dialogue social tourne au dialogue de sourds !
A Casablanca, les policiers sont là mais, hilares, ils se retrouvent en grappes à surveiller… une circulation ordinaire des véhicules. A Rabat, l’Union nationale marocaine du travail, ou UNMT, le syndicat du PJD au gouvernement, a maintenu ses manifestations de ce jour, alors que les autres centrales syndicales, UMT, CDT, FDT (courant Azouzi), et l’UGTM, ont boudé leur plaisir de sortir vociférer dans les rues des slogans vengeurs qui se veulent ravageurs.
Le SG de l’UNMT Mohamed Yatim, membre dirigeant du PJD, a expliqué qu’il avait tenu à défiler pour plusieurs raisons : beaucoup d’argent a été dépensé pour l’occasion, et il aurait été malvenu de rester à la maison, le 1er mai est la seule occasion dans l’année pour permettre aux travailleurs d’exprimer leurs doléances… mais Yatim dit respecter la décision de ses pairs, tout en précisant que dans tous les pays du monde, il existe des dissensions entre gouvernements et syndicats sans pour autant que cela ne les conduise à ne pas sortir dans les rues à l’occasion de la fête du travail.
Aussi, et dans un spectacle très inhabituel, les militants de l’UNMT ont scandé des slogans appelant le gouvernement à « sanctionner et poursuivre les opposants aux réformes » et à réprimer les corrompus. Des attitudes qui sortent de l’ordinaire.
Les syndicats boycotteurs, adossés aux « grands » partis de l’opposition, rejoignent leurs formations en agissant d’une manière insolite. Eux ont boudé le 1er mai, après que les chefs des partis concernés avaient été se plaindre du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane auprès du roi… Ils reprochent au gouvernement de les « mépriser » en ne répondant pas à leurs appels à tenir le dialogue social ; le gouvernement réplique que ce dialogue se tiendra courant mai, mais suivant un ordre du jour qu’il décidera.