L’opposition, pour faire tomber le gouvernement, fait feu de tout bois…

L’opposition, pour faire tomber le gouvernement, fait feu de tout bois…

… Mais elle ne sait plus comment s’y prendre. Elle prend alors appui sur le dernier incident qui a marqué la séance de questions au parlement, la semaine dernière, quand le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane avait accusé les partis d’opposition de « muflerie ».  Alors les deux grands chefs de l’opposition que sont Driss Lachgar (USFP) et Hamid Chabat (Istiqlal) innovent et enfoncent le clou…

Chabat réitère son accusation contre une supposée appartenance de Benkirane à Daech – une accusation qui apparemment énerve le chef du gouvernement… mais en fait, explique-t-il, il ne s’agit pas d’une appartenance directe, mais via le Mouvement Unicité et Réforme qui, lui, selon le chef de l’Istiqlal, serait assimilable à Daech… cependant, le SG de l’Istiqlal revient sur cet aveu de Benkirane sur le fait que l’imprimerie du MUR avait été inscrite en son nom car le Mouvement était interdit et que c’est lui qui l’a légalisé, une fois à la présidence du gouvernement. Chabat accuse donc, à raison,  son ennemi intime d’avoir servi de prête-nom à une structure interdite, même après avoir été nommé chef du gouvernement.

Quand à Driss Lachgar, il a essayé de conduire ses collègues de l’opposition à adresser de nouveau une plainte au roi qui, selon l’article 42 de la constitution, est « arbitre suprême des institutions et  garant du bon fonctionnement des institutions ». Or, les institutions que sont le parlement et le gouvernement semblent avoir des problèmes d’entente et pour cela, Lachgar veut en appeler encore une fois à l’arbitrage du roi… lequel avait déjà intervenu, avant de s’envoler au Golfe pour des missions plus importantes, et surtout plus sérieuses.

Lachgar reproche au chef du gouvernement d’avoir « insulté » l’opposition, oubliant qu’il avait, lui, identifié Benkirane à Hitler, et que Chabat l’avait traité de « renégat de sa famille » (maskhot â’iltou), qu’il l’avait symbolisé en âne dans cette fameuse manifestation de l’année dernière et qu’il l’avait accusé de rouler pour Daech et pour le Mossad…

L’opposition fait donc feu de tout bois. Ainsi, Lachgar pense sérieusement, bien que cela ne soit pas bien sérieux, à une motion de censure, qu’il n’a numériquement aucune chance de voir aboutir, prétextant que le gouvernement, en arrivant, a trouvé le chemin des réformes balisé (sic) et qu’aujourd’hui, il est en train de gaspiller le capital immatériel du pays… allusion au discours de Mohammed VI sur ce fameux capital… Chabat, plus raisonnable mais ne doutant de rien, semble vouloir faire l’économie d’une motion de censure perdue d’avance en demandant au chef du gouvernement de démissionner.

Toutes ces manœuvres, pour inutiles qu’elles soient, accentuent la pression sur un Benkirane à cran, et qui a montré sa fragilité, au point de s’énerver la semaine dernière au parlement, et de montrer que ces attaques de l’opposition ont un effet sur lui ; « Il faudra bien payer le prix de cette accusation portée contre moi sur une supposée collusion avec Daech, le front al Nosra et le Mossad », avait-il hurlé du haut de la tribune de la Chambre des Représentants.



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