Benkirane répond à l’opposition
On le sait, les partis d’opposition avaient adressé un mémorandum au roi Mohammed VI voici quelques semaines aux fins de se plaindre du chef du gouvernement qui instrumentalise, à leur avis, le palais dans ses luttes contre l’opposition et ses joutes contre ses dirigeants. Avant-hier, Mustapha Bakkoury avait tenu une conférence de presse pour révéler au monde que « le roi est mécontent de Benkirane ». Réponse du dernier…
Interrogé par Akhbar Alyoum, le chef du gouvernement a répondu en français : « Ça, c’est très grave », avant de nier catégoriquement le propos du secrétaire général du PAM : « Sa Majesté le Roi, que Dieu Le glorifie, aurait-il donc vraiment besoin de l’opposition pour me faire savoir ses orientations et ses instructions ? Il est inacceptable de dires des choses pareilles ! ».
Benkirane poursuit sur sa lancée : « On m’a reproché de faire part de mes excellentes relations avec Sa Majesté le Roi, que Dieu Le préserve… Certes, mais je n’ai jamais osé rapporter un propos de Sa Majesté sur l’opposition. Je ne pourrai jamais me permettre de faire cela ».
Quant au chef du groupe parlementaire du PJD, Abdallah Bouanou, il a commenté les mots de Bakkoury en l’accusant d’avoir « usurpé » la fonction de porte-parole du palais royal, actuellement tenue par Abdelhaq el Mrini. « C’est immature », a-t-il conclu, péremptoire. Cela étant, le même argument avait été déroulé par le Premier secrétaire de l’USFP qui avait dit, parlant indirectement de Benkirane, que le « palais royal avait un porte-parole »…
Le quotidien explique également, se fondant sur les affirmations d’un dirigeant du PJD, que si Benkirane n’a plus rien dit après s’être entretenu avec les deux conseillers du roi Mohammed VI, Fouad Ali el Himma et Abdellatif Menouni, c’était par respect pour le souverain qui avait reçu le mémorandum de l’opposition ; mais après avoir reçu des indications sur le fait que le roi ne voulait ni ne devait ni ne pouvait s’impliquer dans des dissensions entre partis politiques, le chef du gouvernement a repris les hostilités.
Maintenant, les faits. Les dirigeants de l’opposition avaient été reçus par les conseillers du roi, lesquels s’étaient déplacés ensuite dans le bureau du chef du gouvernement pour y recueillir sa version. Cela signifie le plus clairement du monde qu’au palais, il y a un respect de la présidence du gouvernement et, au-delà même de la personne de Benkirane, cela montre le respect de la constitution par le roi. Ce qui est heureux pour la bonne marche des institutions.
Or, ce qui s’est passé au parlement entre tout à fait dans le cadre des frictions, souvent rugueuses, parfois rageuses, toujours venimeuses entre les hommes et les femmes politiques. C’est malheureux, c’est indélicat, mais c’est ainsi. La constitution du Maroc n’est pas celle – non écrite – du Royaume-Uni ; elle ressemble beaucoup à celle de France, et les pratiques parlementaires aussi… la différence est dans les niveaux des uns et le caniveau de l’ensemble. C’est tout.
AAB