Festival Gnaoua Musiques du Monde, les temps forts, journées 3 et 4 (vidéos)
Le coup d’envoi est donné jeudi, avec sa parade, ses grands concerts et ses fusions, puis il se poursuit vendredi avec d’autres concerts, aussi grands, et des fusions, aussi fusionnelles, dans ce cadre hors du temps, hors de l’espace, hors norme, que devient Essaouira durant 4 jours… Et arrivent samedi et dimanche, pour la seconde moitié, qui donne le coup de grâce et apporte la grâce… Kenny Garrett, Maâlem Boussou, les Ambassadeurs…
La grande scène de la place Moulay Hassan, avec maâlem Boussou, Kenny Garrett et les Ambassadeurs
Il faudra y être, et y rester, sans voir le temps passer ni le temps s’écouler. Cela commencera par une mise en bouche, ou plutôt en oreille, avec le maâlem Hassan Boussou, éclectique, électrique, magique, qui apportera, encore une fois, tout son talent, puisé ici, en France, ailleurs, avec plusieurs influences et encore plus de fusions. Le maâlem Boussou est l’incontestable incarnation du renouvellement de l’art gnaoui.
Une heure après, il cèdera la scène à l’immense Kenny Garrett, l’homme qui fusionne avec d’autres genres musicaux et d’autres artistes aussi bien qu’il fusionne avec son instrument fétiche, le saxophone, pour donner ce qu’on peut appeler le saxohomme…. Il en a joué dans le Duke Ellington Orchestra (avec le fils de Duke), et puis il en a joué aussi avec le légendaire, le mythique Miles Davis. Rien ne l’effraie et rien ne l’arrête, il ose tout et tâte de tout, Kenny Garrett, le lyrique, le technique, l’improvisation…
Et c’est dans l’improvisation qu’il recevra le maâlem Boussou sur la scène, dans une fusion qui donnera ses lettres de créance au brassage musico-culturel et qui portera haut les sons et les couleurs. Il faudra y être, là encore, là aussi.
A 23h25, les Ambassadeurs montent sur scène, avec Salif Keita, Cheick Tidiane Seck, Amadou Bagayoko (d’Amadou et Mariam), dont la dernière présence sur scène, ensemble, remonte aux années 80... De la poésie musicale, fruit d’une expérience de 40 ans et d’un mélange de sonorités et de styles musicaux. De la musique qu’on écoute, de la musique qu’on regarde aussi, qui vous porte et vous transporte. Salif Keita, Cheick Tidiane Seck, Amadou… A voir, sans absolument aucune modération…
La scène de la plage
Les Marocains seront là, pour rappeler cette richesse du répertoire musical national. Le très talentueux Barry, le polyvalent Mehdi Nassouli viendront sur la plage taquiner le vent et bousculer les sens. Barry donnera du « sleeping system » pour réveiller les masses et Mehdi Nassouli apportera ses influences des cinq continents qu’il a visités.
Et, à 1h, pour celles et ceux qui resteront en forme et qui en redemandent, et ils seront nombreux pour cette dernière soirée du Festival, Humayun Khan montera sur la scène en compagnie du maâlem Hamid el Kasri qu’on ne présente plus, et à eux deux, ils enchanteront cette plage qui en aura vu d’autres mais qui sera toujours aussi rythmée, aussi magique.
Le Borj de Bab Marrakech
Là, ce seront les Issaoua qui reviendront dans un concert intimiste, mais aussi intimiste qu’habituellement ensorceleur avec les rythmes glissants et puissants qu’on leur connaît, avec les mélopées qui ont fait, qui font encore et qui feront toujours leur charme. Ce sera à 23 heures. Il faudra trouver une place.
Evénements
Et, bien évidemment, le matin, à l’hôtel Atlas, les intellectuelles, entrepreneures et militantes africaines seront encore là, le matin, toute la matinée, pour expliquer en quoi la femme a fait l’Afrique et comme l’Afrique a été enfantée et façonnée par la femme, les femmes.
L’après-midi, les artistes seront encore à l’arbre à palabres pour palabrer, causer, argumenter, s’amuser, répondre et échanger avec leur public qui souhaite les découvrir dans leur simplicité, dépouillés de leurs instruments, ne gardant que leurs esprits et leur simplicité.
Last but not least…
Ce sera le concert de clôture, dimanche à 17 heures, avec Karim Ziad et sa batterie déchaînée et le maâlem Mahmoud Guinéa accompagné de sa troupe, qui se connaissent bien, pour avoir si souvent dialogué sur scène et poussé leurs instruments. Leur mission sera de donner le coup de la grâce (et pas le coup de grâce…) et rappeler que le Festival Gnaoua ne se termine jamais. Il reste en suspens dans les cœurs et les esprits, le temps de revenir un an après, avec ses mêmes mélodies, sa même joie de vivre, sa toujours bonne humeur, autant de choses qui font sourire cette ville d’Essaouira, ses habitants et ses visiteurs.
Après cela, on pourra aller essayer de s’amuser dans d’autres festivals pour y écouter du bruit offert à grands coups de dollars, ou à gros bouillons d'euros…