Dérapage d’Abdelilah Benkirane sur le crime d’honneur
Le 9 mai, le chef du gouvernement et du PJD Abdelilah Benkirane assistait à une conférence organisée par le Mouvement populaire sur le projet de Code pénal. Il y avait là aussi le ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid et le secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme, Mohamed Sebbar. La discussion portait sur les circonstances atténuantes pour celui qui assassine son conjoint surpris en flagrant délit d’adultère. Benkirane a eu une sortie très curieuse dans laquelle il a dérapé.
S’exprimant d’abord sur la peine de mort, Sebbar a expliqué que l’on ne peut défendre la vie du fœtus dans le ventre de sa mère et ôter ce même droit à la vie à un individu, quel qu’il soit et quelle que soit le crime qu’il a commis. Benkirane a répondu qu’on ne peut mettre établir de parallèle entre un fœtus, par essence innocent, et un assassin. « Le fœtus ne nous appartient pas, il est création de Dieu ». Imparable… Pour ce qui concerne la peine capitale, « on ne peut laisser en vie un assassin, ce serait un encouragement aux meurtres, et si on organise un référendum sur la question, il y aura 99% de partisans ». Possible…
Venons-en aux crimes d’honneur… Le chef du gouvernement demande à Sebbar ce qu’il ferait s’il entre dans sa chambre et qu’il trouve sa femme aux bras d’un homme. Le secrétaire général du CNDH répond qu’il irait porter plainte au parquet et qu’il demanderait ensuite le divorce. La réponse du chef du gouvernement est « que ce faisant, on ajoute une humiliation à la première ». Serait-ce à dire qu’il vaudrait mieux tuer tout le monde, M. Benkirane ?
Selon les médias et les réseaux sociaux, Ramid a répondu à son tour à Sebbar sur un ton sarcastique : « Avec toute mon amitié, cher collègue, moi je n’ai aucun problème avec cela et je souhaite que tout le monde puisse réagir comme vous le dites, que les hommes et les femmes surprennent leur conjoint sur un lit avec une autre personne et que, avec sang-froid, ils referment la porte et aillent trouver le procureur »…
Dans ce genre de situation, que le conjoint trompé soit le mari ou l’épouse, le mieux est, en effet, de s’en aller et de demander le divorce – on est des êtres humains après tout – sans violence. Mais quand on est ministre de la Justice, ou chef du gouvernement, on mesure son propos, et on œuvre à donner un exemple, surtout quand on dispose de la popularité de M. Benkirane.