Des intellectuels de renom signent un Appel pour la défense de la langue arabe

Des intellectuels de renom signent un Appel pour la défense de la langue arabe

Des intellectuels, des oulémas, des politiques, des universitaires… ont signé un mémorandum remis au président du Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique, Omar Azziman. L’objectif de cette initiative de la Coalition nationale pour la langue arabe ? L’appel, disent les signataires, reflète la société marocaine dans sa profondeur et aspire à adresser un message à ceux qui veillent à « la sécurité linguistique du pays », dans le sens où la langue arabe, aujourd’hui menacée, doit préserver la place qui est la sienne.

Pour les (prestigieux) signataires, la mise en avant de la langue usuelle du Maroc, la darija, n’est qu’un paravent destiné à masquer l’objectif réel qui est « le maintien de la domination de la langue française ». Le timing de cet appel a été bien pensé, et œuvre à exercer une pression sur Azziman et son conseil, qui s’apprêtent à soumettre leur «vision stratégique pour l’éducation » au roi dans les jours qui viennent.

L’Appel explique en outre que « toute atteinte à la langue arabe, constitutive de l’identité et de la souveraineté nationales, serait donc portée contre le Maroc dans son ensemble ». En effet, disent les signataires de l’Appel, la langue arabe est la langue de la constitution, mais elle a été attaquée de toutes parts, pour des raisons aussi bien politiques que culturelles ; il est donc nécessaire et utile pour les instances législatives de promulguer une loi de protection de l’arabe et d’instaurer une rigueur dans son utilisation, de même qu’il faut mettre en place l’académie Mohammed VI pour la langue arabe.

Le vice-président de la Coalition, Abderrahmane el Khaldi a critiqué également le recours au vote au sein du Conseil de l’Education et de la Formation, sous-entendant que cela est un artifice destiné à faire passer les motions que le président souhaite. « Dans ce cas, explique-t-il, et si besoin est de procéder à des votes pour départager les tenants de thèses différentes, il faudrait revoir la composition du Conseil en donnant plus de poids aux spécialistes et autres experts ».

Enfin, en matière de langue d’apprentissage, on ne peut accepter l’idée d’assurer l’enseignement de certaines disciplines dans d’autres langues que l’arabe, mais il faut, à l’inverse, introduire ces langues (principalement le français, puis l’anglais) comme disciplines linguistiques en elles-mêmes.

Tout cela indique une levée de boucliers contre la darija et le français. La chose n’est pas dite clairement ni explicitement, mais le sens du message est clair.

Parmi les signataires de cet Appel (selon alyaoum24), et qui ont atteint aujourd’hui quelques 240 personnes : Mustapha Benhamza, membre du Conseil supérieur des Oulémas, Ahmed Raïssouni, alem et ancien président du Mouvement Unicité et Réforme, Mhamed Boucetta, Mhamed Douiri et Mhamed Khalifa tous trois anciens ministres et anciens dirigeants de l’Istiqlal, Saadeddine Elotmani, ancien ministre des AE et actuel président du Conseil national du PJD, Abderrahmane Benameur, ancien bâtonnier, Abdelkader Fassi Fihri, président de l’association de linguistique, Noureddine Miftah, Bensalem Himmich et Larbi Messari, respectivement anciens ministres de la Culture et de la Communication…

 



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