Rumeurs insistantes sur l’imminence d’un remaniement gouvernemental
Cela fait plusieurs semaines que la classe politique vit, ou survit, au rythme d’un remaniement prochain du gouvernement, mais les informations se précisent aujourd’hui quant à son imminence. L’agenda royal et les tractations au sein des partis ont retardé ce qui devait en principe être effectué depuis longtemps et qui n’a cessé d’être repoussé. Avant, c’était le roi qui décidait de ce genre de choses, mais ça, c’était avant… aujourd’hui, avec la nouvelle constitution, le chef du gouvernement est fortement impliqué dans la proposition des noms, mais les décisions ne sont pas toujours aisées à prendre.
Au départ, et suite à la démission-révocation de l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports Mohamed Ouzzine, le changement ne devait concerner que ce département. Puis, au fil du temps, d’autres évènements sont intervenus, élargissant le champ des changements, pour qu’ils deviennent remaniement.
Il y a eu en effet cette colère du roi Mohammed VI contre ses deux ministres de l’Intérieur et de l’Industrie et du Commerce, respectivement Mohamed Hassad et Hafid Elalamy, en raison de du programme de réhabilitation des marchands ambulants de Rabat, à la fin du mois de mars. Le roi avait refusé de procéder au lancement du programme en raison de graves déficiences relevées juste avant sa venue sur les lieux de la cérémonie ; Mohamed Hassad avait dû battre sa coulpe en lisant lui-même un texte informant l’assistance de la position de Mohammed VI. On avait donné alors Hafid Elalamy partant. Puis, il y a eu l’affaire dite Choubani-Benkhaldoune, dont on connaît les détails. Là aussi, on avait parlé de leur départ.
Aujourd’hui, des informations se précisent sur un très prochain mouvement ministériel, dont l’ampleur devrait donner lieu à un gouvernement Benkirane III. Il s’agira alors de nommer un remplaçant à Mohamed Ouzzine à la Jeunesse et les Sports. Le Mouvement populaire a déjà soumis une liste de noms au chef du gouvernement pour qu’il les propose au chef de l’Etat.
Il serait également certain que ce remaniement verra le départ des deux ministres Lahbib Choubani (Relations avec le parlement et la société civile)et Soumaia Benkhaldoune (enseignement supérieur) du gouvernement ; ils cèderont leurs départements à des cadres de leur parti, le PJD, afin de maintenir l’arithmétique gouvernementale. Lors du dernier bureau politique du parti, la décision a été prise de se défaire des deux ministres qui ont fait tant couler d’encre au Maroc et à l’étranger, mettant dans l’embarras le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Celui-ci a bien essayé de gérer cette affaire d'amour fol au mieux des intérêts de son parti, mais ce dernier lui a laissé pleinte latitude pour prendre les décisions adéquates. C'était donc, pour Benkirane, le couple ou la réputation de son gouvernement. il a choisi son gouvernement en soumettant une requête au roi pour mettre fin aux fonctions des deux ministres.
Et, enfin, on parle également de cet ancien volcan que l’on croyait trop vieux, et qui avait allumé le feu en son temps au sein du gouvernement, voici plus d’un an. L’affaire dite des « chocolats du ministre el Guerrouj », ce ministre délégué à 'lEducation nationale qui avait fait payer par son département les chocolats destinés à orner la table de son foyer à l'occasion d'une fort heureuse naissance... Ce dernier devrait également être concerné par le remaniement, sauf s'il se fait oublier, comme il sait si bien le faire...
Contactés par PanoraPost, deux ministres ont confirmé les informations du bout des lèvres, demandant bien évidemment et avec une louable insiatnce à préserver leur anonymat. Au Maroc, certaines informations ne peuvent se faire que par recoupements, et dans la plus stricte discrétion. Cependant, pour le cas d’Abdeladim Guerrouj, rien n’a été confirmé.
Ce qui est sûr, toutefois, est que le remaniement est imminent et devrait être annoncé d’ici la fin de la semaine.
AAB