Que se passe-t-il à l’ONCF ?

Que se passe-t-il à l’ONCF ?

Des trains qui arrivent à l’heure, on n’en parle jamais… Au Maroc, on ne parle même pas de ceux qui sont en retard. Mais quand cela devient la règle, le problème se pose, de même qu’il se pose quand d’autres événements interviennent et que l’Office national des chemins de fer agit par arrogance et avec mépris pour les usagers de ses trains.

Cela fait plusieurs semaines que tous les voyageurs de la ligne Casablanca-Kenitra, ces trains dits rapides, se plaignent des retards d’abord fréquents, ensuite récurrents, et aujourd’hui systématiques. Une heure, puis deux, puis trois, parfois quatre heures de retard pour un voyage supposé durer 45 minutes entre Rabat et Casablanca, les deux villes principales du pays. L’ONCF, sûre de son fait, délivre des certificats de retard, puis se lave les mains du reste, s’en allant le cœur léger et l’âme en paix.

La raison invoquée ? Des travaux sur la ligne. Avant, une voix surgissait des haut-parleurs pour « s’excuser du retard et du désagrément causé ». Aujourd’hui, ce n’est même plus la peine. Les voyageurs savent, à quoi bon s’excuser une énième fois ?

Puis, d’autres faits surviennent, plus graves. Voici quelques mois, le 27 août 2014, un cheminot est mort et 32 personnes sont blessées suite au déraillement d’un train à Casablanca. Le 20 avril 2015, un autre train démarre sans conducteur à Kenitra. A chaque fois, l’ONCF publie un communiqué, contraint et forcé par les milliers de commentaires sur les réseaux sociaux, et y affirme qu’une enquête sera lancée. Peut-être, mais les conclusions tardent à venir, surtout pour le second incident.

Ce n’est plus de la communication de crise, mais une communication de mise, indécise.

Et les retards, les pannes, les abus se suivent et se ressemblent… L’ONCF adopte alors une autre stratégie, plus simple ; au lieu de trouver des solutions, elle fait intervenir les forces de l’ordre, comme voici quinze jours, à Temara, comme hier, à Rabat. Et quand elles arrivent, les forces de l’ordre rétablissent l’ordre avec la force, dans leur logique.

Dans tout pays civilisé, ou le gouvernement veille et la justice surveille, les responsables auraient été entendus, des têtes seraient tombées et des solutions trouvées. Chez nous, à chaque incident ou accident, Rabiî Khlie se terre dans son bureau, et l’ONCF enterre les affaires, en attendant les autres.

On glissera sur les systèmes d’air conditionné  qui ne fonctionnent  pas, ou si peu, sur la restauration proposée quelquefois aux passagers, sur les arrêts en rase campagne sans autre explication qu’un énervement des contrôleurs, sur les murs de sécurité abattus pour travaux, sans mesure de sécurité pour les enfants qui jouent à quelques mètres des voies, comme à l’entrée de Rabat…

M. Khlie,

Nous savons que vous triplez la voie dite « rapide » de Casablanca à Kenitra… Nous apprécions le fait que vous gérez la construction du TGV (que Dieu nous garde, une fois le projet achevé, de l’approximation de vos équipes)… Nous connaissons votre puissance de travail et votre présence quasi permanente sur vos chantiers… mais que vous coûterait une meilleure communication avec vos usagers ? Que vous coûterait l’affection d’une cellule de gestion de crise sur ces lignes en travaux ? Que vous coûterait, en un mot comme en cent, de faire montre (d’un peu plus) de respect pour et envers vos usagers ?

Aziz Boucetta



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