Bayt al-Hikma dénonce la logique majorité/minorité dans le traitement des grandes questions nationales

Bayt al-Hikma dénonce la logique majorité/minorité dans le traitement des grandes questions nationales

L’association non gouvernementale Bayt al-Hikma vient de publier un communiqué, dans lequel  elle conteste avec virulence l’approche retenue par le parti majoritaire au gouvernement dans les débats nationaux concernant les droits fondamentaux des Marocains, libertés individuelles et collectives, droit à l’avortement, égalité des genres, violence…

Bayt al-Hikma revient donc, à travers plusieurs points, sur cette logique du PJD (pour le nommer) dans le traitement et l’examen des grandes questions nationales.

Tout d’abord, l’association considère que les droits et libertés  sont le fondement même de l’option démocratique d’une société, de n’importe quelle société, et que donc, en conséquence, toute tentative œuvrant à se détourner de ces droits ne ferait que conduire le pays vers une nouvelle forme d’absolutisme, que l’on croyait révolu.

Ensuite, Bayt al-Hikma précise que si le principe de la majorité numérique sert à distinguer une majorité à même de diriger les affaires publiques, elle ne doit pas être brandie pour tourner le dos à la logique universelle des droits de l’Homme, consacrée d’ailleurs sur nos terres dans la constitution.

Par ailleurs, qu’un gouvernement s’appuie sur la « majorité » de la population est une chose qui, pour l’association dirigée par Fettah Bennani, va à contresens de l’histoire et fait avancer le Maroc à contre-courant. Il est entendu, donc, que la tâche d’un gouvernement est de promouvoir l’évolution et l’avancement de la société qui est la sienne, en faisant prendre conscience à la population des grands principes de démocratie et de progrès. Pour cela, il est important de se fonder sur les avis d’une minorité éclairée et sur ses opinions progressistes, et étant entendu que les positions de la majorité ne sont pas pérennes et, à l’inverse, sont tributaires de certaines contraintes à court terme.

Enfin, Bayt al-Hikma revient sur la question de l’avortement, du Code pénal, des libertés et de la parité entre les sexes, entre autres affaires existentielles,  et affirme que ces thèmes doivent être débattus dans l’esprit de la constitution et des acquis que cette dernière a permis au Maroc d’engranger.

Aussi, et l’attaque est frontale et directe, l’association considère que « tous ceux qui souhaitent entraver la roue de l’Histoire vers le progrès, l’évolution et la culture du débat national, en usant de terrorisme, de violence verbale, de menaces et d’une logique de la dictature de la majorité, contraire aux valeurs démocratiques, verront toutes leurs entreprises échouer ».



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