Benkirane III, 4 nouveaux et un changement...

Benkirane III, 4 nouveaux et un changement...

Et finalement, le roi Mohammed VI a nommé quatre nouveaux ministres pour pourvoir aux quatre départements ministériels vacants. A priori, donc, pas de surprise… or, si, justement. En dehors du fait que les 4 nouveaux ministres, quoique compétents, ne soient pas des personnages connus du grand public, l’important ministère de la Jeunesse et des Sports a été confié à une personne que l’on n’attendait pas…

Mohand Laenser

Et donc, Mohand Laenser, jusque-là ministre par intérim de la Jeunesse et des Sports, devient titulaire. Il remplace Mohamed Ouzzine, gentiment révoqué voici 5 mois déjà.  Avec ce portefeuille, Laenser continue sa promenade dans le gouvernement qu’il a intégré pour la première fois dans les années 80. Il a tour à tour occupé les ministères des Postes et télécommunications, de l’Intérieur, sans portefeuille, en plus de ses fonctions semble-t-il éternelles de SG du Mouvement populaire, depuis qu’il en avait évincé le patriarche Mahjoubi Aherdane en 1986.

Driss Merroun

Laenser  cède à Driss Merroun son portefeuille de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire national. Le nouvel arrivé est ancien élève de l’Ecole Hassania des Travaux publics, et il est aussi et surtout grand ami de la « Dame de fer » du MP Halima Assali, par ailleurs belle-mère de l’ancien ministre Mohamed Ouzzine.

Driss Merroun est un ancien du MP et il était jusque-là chef de son groupe parlementaire à la Deuxième Chambre, celle des Conseillers.

Abdelaziz el Omari

Le ministère des Relations avec le parlement et la société civile est repris par l’étoile montante du PJD, Abdelaziz el Omari, qui y remplace Habib Choubani, appelé à des affaires de cœur.

El Omari est député de Casablanca, constamment réélu depuis 2002. Le travail législatif, il connaît, en plus d’une rigueur scientifique puisqu’il est  ingénieur des télécommunications. L’homme est respecté au sein de son parti, il devra l’être au parlement, et faire face aux deux bulldozers que sont Chabat et Lachgar.

Jamila el Mossali

Elle aussi plusieurs fois députée PJD, elle reprend le portefeuille de Soumaia Benkhaldoune, le ministère délégué à l’Enseignement supérieur. Jamila el Mossali est une figure de proue du courant des femmes du PJD, avec Bassima Hakkaoui et Aziz Bakkali.

Jamila el Mossali trouve avec son ministère chaussure à son pied puisqu’elle est elle-même chercheure en sciences sociales et qu’elle connaît donc bien les milieux universitaires, ayant fait toutes ses armes au Maroc ;

Khalid Berjaoui

Bardé de diplômes, le nouveau ministre MP délégué à l’Education nationale est docteur en droit, titulaire d’un diplôme suisse de droit comparé et d’un autre de l’Université de la Haye ; ce bagage académique lui a valu d’occuper jusque-là la fonction de Doyen de la faculté de droit de Rabat Souissi.

Khalid Barjaoui est aussi un auteur de publications et d’études très prolifique, essentiellement sur les femmes, leur situation au Maroc et sur le Code de la Famille.

 

La logique numérique a donc été respectée, deux PJD et deux MP remplaçant autant de partants des mêmes partis. Il semblerait que la Jeunesse et les Sports ait été sacrifiée entre les mains de Mohand Laenser, peu connu pour ses prouesses politiques ou pour ses initiatives passées à la postérité.

Khalid Berjaoui entre dans ce gouvernement, mais ne pourra pas vraiment s’y épanouir, placé sous la tutelle dominatrice d’un Rachid Belmokhtar venu apparemment avec une mission bien déterminée, qu’il n’est près à partager avec personne. Sa réforme, il la mène en introduisant des options internationales au baccalauréat, en privilégiant le secteur privé de l’enseignement, dont il vient lui-même. Barjaoui essaiera donc simplement d’exister donc son ombre.



Articles Similaires





Les plus populaires de la semaine

Vidéos de la semaine





Newsletters

Nombre de visiteurs : 19929