Une étude sur la prostitution au Maroc apporte des révélations sur le phénomène

Une étude sur la prostitution au Maroc apporte des révélations sur le phénomène

Hasard du calendrier sans doute… en pleine  polémique sur la profession du sexe au Maroc après la sortie, et l’interdiction, du film « Much loved » de Nabil Ayouch, une étude commandée  par le ministère de la Santé en 2012 et effectuée par plusieurs associations, vient d’être révélée. Elle apporte des indications d’importance sur ce métier, ses risques et ses pratiques.

Echantillon

L’étude a porté sur 1.447 professionnelles du sexe, réparties sur 4 villes du pays, Rabat (392), Agadir (372), Fès (359) et Tanger (324). Les enquêteurs ont alors procédé par extrapolation et ont estimé l’effectif total de professionnelles à environ 19.000, dont environ 40% dans la seule capitale.

On notera que des villes réputées abriter bien plus de professionnelles, comme Casablanca et Marrakech, n’ont pas été sélectionnées dans l’étude, ce qui porterait le chiffre de 19.000 à bien plus. Mais aucune donnée n’a été apportée à cet effet, ne serait-ce qu’en approximation.

Prostitution et famille

Si les professionnelles du sexe sont très majoritairement non mariées, elles sont  entre 62 et 73% à l’avoir été, et étaient au moment de l’enquête ou veuves ou divorcées. Mais une moyenne de 62% des femmes sondées expliquent qu’elles ont connu leur premier rapport sexuel avec leur époux, mort ou disparu depuis.

C’est donc la contrainte économique qui conduit ces femmes à exercer ce métier. Elles ont en effet déclaré, entre 50 et 80%, entretenir une ou plusieurs personnes de leur entourage.

Origine des relations avec les clients, et lieux des rencontres

Internet et réseaux sociaux obligent, l’écrasante majorité des femmes interrogées (entre 75 et 95%) affirment avoir noué les contacts avec leurs clients par téléphone. Cela ne laisse que la possibilité du web pour l’entrée en relation, et le reste se fait par téléphone, avant la rencontre et l’acte sexuel.

Ce type de relations se faisant donc sans intermédiaire(s), les rencontres se font au domicile du client pour 62 à 96% des professionnelles ayant accepté de répondre aux questions des enquêteurs.

Précautions et protections

Interrogées sur le nombre de clients durant la dernière semaine avant l’enquête, les femmes ont répondu avoir rencontré entre 31 et 82 clients, la plupart étant des clients « habituels ». il en ressort que, selon elles, cela leur procure plus de sécurité quand elles connaissent l’homme qu’elles vont rencontrer.

Par ailleurs, si l’usage de préservatifs est plutôt fréquent, elles sont néanmoins entre 15 à 25% à déclarer qu’elles n’en utilisent pas, soit parce qu’elles n’en ont pas, soit parce que le client préfère s’en abstenir. Cela ne les empêche pourtant pas d’avoir toutes entendu parler du Sida et de ses ravages.

Nationalité des clients

N’en déplaise à ceux qui pensent que le Maroc est un lieu pour le tourisme sexuel, il apparaît à travers les réponses des centaines de professionnelles du sexe interrogées qu’entre 70 et 96% de leurs clients sont des Marocains, suivis par les MRE (entre 1,2 et 22%, ce qui ne signifie pas grand-chose tant l’écart est grand). Mais ce qui est plus révélateur est que les femmes affirment que les clients venus du Golfe ne représentent que 0,8 à 6% de leur clientèle.



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