La discrimination des femmes dans la publicité est désormais interdite, mais qui en jugera ?
La Commission de l'éducation, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, réunie mercredi 10 juin à Rabat, a voté un amendement complétant la loi 77.03 sur la discrimination contre les femmes en matière de publicité.
Le texte de loi interdit désormais toute publicité portant atteinte à la femme ou comprenant un message de nature à diffuser des images négatives ou reflétant une situation d’infériorité, de même que l'incitation à la discrimination à l’égard de la femme en raison de son sexe.
A la lumière de ce texte, toute publicité entrant dans les cas cités devra désormais être interdite de diffusion. C'est le gouvernement qui avait pris l'initiative de cet amendement, pour aller dans le sens de la parité entre les deux sexes, avec comme objectif d'atteindre l'équité. Plus tard.
Durant la discussion, les députés de la majorité ont applaudi des deux mains ce projet qui va dans le sens d'une amélioration de l'image de la femme. Leurs collègues de l'opposition ont poussé la discussion à la langue utilisée dans les messages publicitaires, qu'ils considèrent comme étant une langue parlée qui pourrait nuire aux messages diffusés.
Maintenant que le texte est voté, qui déterminera qu'une publicité est offensante pour la femme ? A partir de quels critères décider qu'une image est négative, et qu'est-ce qu'une image négative ? Le fait qu'une femme soit montrée dans la cuisine est-il une discrimination contre elle ? Et si elle saute de joie pour avoir acquis une puce électronique à 5 DH (comme cela est déjà arrivé, cela représente-t-il une offense ?
Nous serons alors, d'une façon ou d'une autre, dans un jugement de valeur que le Maroc connaît (trop) bien depuis quelque temps.