L’évacuation de Bouya Omar bat son plein mais n’emporte pas l’adhésion de toutes les familles
L’opération d’évacuation du « centre » de Bouya Omar, dite « Karama » (dignité)adossé au mausolée du même nom a donc commencé, sous la supervision directe du ministre de la Santé Houssaine el Ouardi. Si les familles sont globalement satisfaites, il n’en va pas de même pour tous les proches des pensionnaires de ce centre.
Ainsi, la mère de l’un des malades mentaux de Bouya Omar, tout en se déclarant heureuse que son fils quitte enfin l’endroit, reste sceptique quant à la suite des événements : « Les hôpitaux ne font pas toujours leur travail, recevant les malades quelques jours puis les remettant en circulation. Le cas de mon fils, par exemple, est assez significatif. Avant de l’emmener à Bouya Omar, il se montrait violent et nous l’avons emmené à l’hôpital des maladies mentales de Marrakech. Mais une semaine après, on nous a appelés pour le récupérer ; il était calme pendant quelques heures, le temps que les effets des médicaments se dissipent, puis il redevenu violent ; nous l’avons donc conduit à Bouya Omar ».
Un autre témoignage : « Que faire ? Mon frère est malade et menace de mettre fin à ses jours, chaque jour. Un homme nous a proposé de l’emmener à Bouya Omar et, pour 2.500 DH par mois, il se chargeait de lui. Nous l’avons ensuite vu, enchaîné mais que voulez-vous, les personnels des hôpitaux publics nous disent qu’il est incurable et qu’il vaut mieux pour lui qu’il soit à Bouya Omar ».
Mais globalement, les familles sont heureuses de voir leurs parents pris en charge par l’armée de médecins et de personnels soignants qui les ont sortis du « centre » de Bouya Omar, rasés de près, bien vêtus et emmenés sous escorte policière dans les ambulances. « Cela durera-t-il ou, à l’inverse, n’est-ce qu’one opération de promotion politique ? », s’interroge Ahmed, père d’une jeune fille pensionnaire de Bouya Omar…
Quant à Houssaine el Ouardi, il insiste : « cette action entre dans le cadre de la politique du gouvernement d’améliorer l’offre de santé pour les Marocains. Nous veillerons à prendre en charge le temps qu’il faut les centaines de personnes handicapées mentales ou présentant des pathologies psychologiques, violentes ou pas ». El Ouardi a affirmé que « jusqu’à aujourd’hui, nous avons procédé à la ‘libération’ de près de 500 personnes de ce centre, et nous achèverons cette opération d’ici la semaine prochaine ».
Il faut mettre au crédit du ministre sa bonne foi de médecin, mais les jours et les semaines qui viennent apporteront leurs réponses aux questions des familles.