Mustapha El Khalfi traque « Much loved » et s’engage dans une cabale personnelle (vidéo)

Mustapha El Khalfi traque « Much loved » et s’engage dans une cabale personnelle (vidéo)

Au départ, il y avait eu interdiction de « Much loved », le film (justement) controversé de Nabil Ayouch. On peut soutenir cette décision, ou la condamner, mais là n’est plus le problème. Mardi  le ministre de la Communication Mustapha el Khalfi, répondant à une question d’un député de l’Istiqlal, déclare que le réalisateur a enfreint la loi en projetant son film dans une école de la capitale.

Dans cette affaire, et bien que l’on puisse comprendre les impératifs d’ordre public que le ministère met en avant pour justifier l’interdiction du film dans les espaces publics, il s’avère que cette fois-ci, dans cette école privée de Rabat, la projection a eu lieu dans un cadre privé, organisée par un club d’étudiants, devant des étudiants qui le savaient préalablement à leur arrivée dans la salle, et en l’absence des médias.

De plus, il existe en droit une notion que l’on appelle « la liberté académique », que l’universitaire el Khalfi connaît bien. Dans le cadre de cette liberté, ce qui se produit ou se projette dans un campus relève de l’académique, et en aucun cas les autorités publiques ne peuvent s’y immiscer.  Le visa culturel n’est pas requis car il ne s’agit pas d’un espace public

Mustapha el Khalfi semble donc engagé dans ce qui ressemble au mieux à une campagne populiste (et peut-être aussi électoraliste), et au pire à une cabale personnelle contre Nabil Ayouch. Cela rappelle ses positions au début de son mandat sur « l’art propre »…

Enfin, le ministre a affirmé au parlement qu’une correspondance serait adressée aujourd’hui mercredi au réalisateur pour le rappeler à l’ordre. « Il a été décidé, lundi, d’adresser une correspondance de la part du directeur du CCM à l'intéressé, sachant que la projection dans des établissements requiert, en plus du visa d’exploitation commerciale, l’obtention du visa culturel », a en effet indiqué El Khalfi. Il n’en est rien, Nabil Ayouch n’a rien reçu, ni concernant l’interdiction de son film, ni au sujet de cette projection privée.

Interrogé par PanoraPost, un haut responsable du ministère a expliqué que ce n’était pas le ministère qui devait envoyer ce courrier, mais le Centre cinématographique marocain (CCM). El Khalfi a-t-il donc fait de la politique politicienne en répondant à la question du député et en mentionnant ce courrier à envoyer ? Le CCM ne serait-il donc réduit qu’à un rôle d’officine gouvernementale, destinée à porter, directement et indirectement, la volonté du ministre ? Cela en a tout l’air.

Aziz Boucetta

 



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