Coup d’envoi royal aux préparatifs pour l’installation de PSA à Kenitra
Vendredi 19 juin, le Maroc et le groupe français PSA officialisent la convention d’installation d’une grande usine de production de véhicules Peugeot et Citroën au Maroc à Kenitra, en présence du roi Mohammed VI. Le président du groupe Carlos Tavares et les ministres concernés ont signé un ensemble d’accords qui devront permettre à cette usine de fonctionner de manière optimale. Les voisins algériens se sont alors interrogés sur ce qui faisait l’attractivité du Maroc pour les multinationales. La réponse a été apportée mercredi 24 juin lors d’une réunion (encore) présidée par le roi, pour mettre en œuvre ce qui doit l’être.
Comme toujours en pareils cas, les informations ne sont pas apportées dans le détail ; mais la lecture des événements, à travers les personnes présentes, permet de comprendre les enjeux et d’en suivre la réalisation. On sait cependant que la décision (et les instructions qui vont avec) a été prise de construire « dans les meilleurs délais, (un) port en eau profonde Kénitra-Atlantique, connecté aux axes routiers, ferroviaires et aériens structurants », explique la MAP. Ce qui justifie la présence du ministre de l’Equipement et du Transport Aziz Rabbah à la réunion, tenue au palais royal de Rabat.
Le futur port ne devra pas servir uniquement à l’entreposage et à l’exportation des voitures produites par PSA, mais vraisemblablement aussi aux hydrocarbures en passe d’être extraits du sous-sol du Gharb, d’où la présence d’Amina Benkhadra à la réunion.
Le communiqué de la MAP précise aussi que le roi a souligné « la nécessité d’adopter une approche écologique proactive pour inscrire ce projet harmonieusement dans son environnement », approche qui concerne directement le ministre de l’Environnement Abdelkader Amara.
Les réseaux ferroviaires, routiers et électriques seront pour leur part renforcés pour raccorder la nouvelle infrastructure (structurante) du port au reste du tissu national, et les directeurs des Offices des chemins de fer et de l’eau et électricité, respectivement Rabiî Khlie et Ali Fassi Fihri en ont pris bonne note.
Lors de cette réunion, le roi Mohammed VI, qui suit (et suivra) personnellement la réalisation du port et le respect des conventions signées avec PSA, a souligné la nécessité d’ « assurer la coordination optimale (des) actions dans le cadre de ce projet » d’usine automobile, qui, rappelons-le, créera 4.500 emplois directs et 20.000 emplois indirects, pour un investissement de 557 millions d’euros, dont 5% seront apportés par la CDG, dont le directeur général Abdellatif Zaghnoun était là.
La présence du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane (pour la gestion gouvernementale du projet), du conseiller du roi Fouad Ali al Himma (pour la supervision royale), et du ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad (pour la facilitation des circuits administratifs) montre aussi l’intérêt stratégique du projet et la particulière importance que lui accorde personnellement Mohammed VI.
Les voisins de l'est ont donc leur réponse à l’attractivité du Maroc… Un chef d’Etat qui fonctionne, un gouvernement mobilisé et une administration qui marche en ordre serré.