Quartier Boukhalef à Tanger, les autorités haussent le ton contre les immigrés subsahariens
La semaine dernière, au quartier Boukhalef de Tanger, des immigrés ont squatté des appartements, déclenchant la réaction des propriétaires, aidés par une nombreuse foule estimée à plusieurs dizaines de personnes, dont certains armés d’armes blanches. Les Marocains se sont introduits dans des appartements qu’ils ont saccagés, selon la version des migrants. La police n’est pas intervenue, mais hier au soir, les autorités de Tanger ont lancé un ultimatum aux Subsahariens.
Selon plusieurs témoignages, les manifestants sont arrivés dans les appartements squattés par les migrants subsahariens, qui y logent à plusieurs familles. La tension est palpable, les squatteurs réagissant à l’intrusion de la foule. Samedi 27 juin, des habitants du quartier Al Irfane à Boukhalef (Tanger) ont organisé, samedi, un sit-in pour dénoncer les comportements illégaux de certains émigrés clandestins
Hier soir lundi, les autorités locales de Tanger ont publié le communiqué suivant : « Des ressortissants étrangers subsahariens ont envahi et occupé illégalement des appartements appartenant à autrui au quartier Al Irfane, relevant du district Boukhalef à la ville de Tanger. Si les appartements ne sont pas évacués dans les 24 heures, les autorités seront dans l’obligation d’intervenir pour évacuer les occupants afin de remettre lesdits appartements à leurs propriétaires conformément à la législation en vigueur. Le respect de la propriété privée est garanti par la loi, que les autorités publiques sont dans l’obligation de faire respecter sous la supervision du parquet compétent ». Le ton comminatoire laisse penser à des heurts possibles avec les migrants, sûrs de leur bon droit depuis la politique de régularisation lancée par l’Etat marocain voici plus d’un an.
Pour rappel, l'an passé, au moins 16.000 migrants ont été régularisés, sur plus de 25.000 dossiers déposés, et l’opération de régularisation se poursuit. Les autorités locales, souvent accusées de partialité en faveur des nationaux, sont parfois prises à partie par les migrants, regroupés en communauté, qui se sentent agressés, victimes de stigmatisation et de racisme, et réagissent avec violence.