En droits humains, « le Maroc pas si bon élève que ça » selon l’AMDH
Présentant mardi 30 juin son rapport sur la situation des droits de l’Homme en nos vertes contrées, l’association marocaine des droits de l’Homme ne délivre pas de satisfecit aux autorités du pays. L’organisme présidé par Ahmed el Hayej dénonce la persistance de pratiques « inacceptables dans une société démocratique ».
Selon l’AMDH, donc, l’Etat est schizophrène, s’évertuant à montrer à l’international qu’il est un bon élève en matière de respect des droits alors qu’en interne, c’est l’inverse qui se produit. Ainsi pour le droit à la vie et à la dignité, avec 5 condamnations à mort prononcées par les tribunaux du Maroc en 2014, bien qu’un moratoire soit observé pour les exécutions depuis 1993… de plus, des exactions répétitives dans les commissariats, des violations des droits dans les prisons, du non-respect des citoyens dans les administrations… Pour l’AMDH, celui qui se présente « comme bon élève « peut mieux faire…
L’AMDH dénonce aussi avec vigueur le manque d’indépendance de la justice qui a, selon elle, été instrumentalisée 251 fois pour « se venger des militants en leur fabriquant de fausses accusations et en utilisant la justice pour les condamner à la prison après des jugements dénués de conditions d’un procès équitable ». Et l’association de citer les cas de Mouad Belghouat (Elhaqed), Wafaa Charaf, Oussama Hassan, Fouad Belbal…
En matière de droits de réunion et de regroupement, Ahmed el Hayej constate que des centaines d’acticités associatives et autres manifestations ont été interdites courant 2014, l’AMDH à elle seule en ayant enregistré une soixantaine. Il est vrai qu’avec l’AMDH, le ministère de l’Intérieur a la main lourde, empêchant presque systématiquement toutes ses activités, et s’attirant au moins deux condamnations de la justice pour abus de pouvoir.
Concernant la liberté de presse, la situation n’est pas meilleure, pour l’AMDH. En effet, des procès se sont tenus contre des journalistes, et se fondés sur le code pénal, comme ceux de Taoufiq Bouachrine et d’Abdallah Damoune, respectivement directeurs de publication d’Akhbar Alyoum et d’al Massae. C’est ce qui explique les piètres classements du Maroc par les organismes internationaux qui, il faut l’admettre, ne sont pas eux-mêmes des modèles de crédibilité.
Enfin, pour les migrants, l’association note que malgré les 18.000 régularisations sur 27.322, demandes, les violations de droits et violences de toutes natures frappent toujours les populations subsahariennes en situation irrégulière au Maroc.