Le MUR s’oppose à l’adoption du protocole pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes
La semaine dernière, la Chambre des représentants avait adopté, à l'unanimité, le projet de loi 125.12 portant approbation du protocole facultatif à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). Le PJD était donc pour, mais son aile idéologique et de prédication, le Mouvement Unicité et Réforme (MUR), vient d’annoncer son opposition à cette adoption.
Le MUR n’est pas seul, il est soutenu par le Forum Azzahra, adossé à la mouvance islamiste et regroupant une centaine d’associations d’action féminine. Mais le député du PJD Mohamed Yatim, et également membre de la direction du MUR, est intervenu pour déclarer que son parti a décidé « de voter en faveur de l’adoption de cette convention de son plein gré, car celle-ci est en harmonie avec la Constitution ».
Crissements donc entre PJD et MUR, puisque ce dernier récuse la levée des réserves sur les articles 9 et 16 exprimées par le royaume lors de sa ratification de la CEDAW en 2011, considérant qu’elle est « contraire » à la religion musulmane et à la constitution et « menace la stabilité de la famille marocaine ».
Un jeu de rôles, peut-être alors… Le même Yatim a précisé par la suite que cette levée des réserves doit se faire dans le cadre des prescriptions de la constitution qui, si elle dispose de la suprématie des textes internationaux, précise également que cela doit se faire en conformité avec les lois nationales.
Et ais comme l'approbation du protocole optionnel de la CEDAW doit s'accompagner de l'harmonisation des lois, on peut s’attendre à un autre débat virulent entre les deux camps moderniste et conservateur. Le point d’achoppement sera celui de l’héritage qui est explicitement codifié dans le Coran, argumenteront les islamistes, ce à quoi le camp opposé objectera qu’une autre lecture du texte sacré doit être effectuée, dans l’esprit et pas seulement dans la lettre.