Le Maroc a accueilli plus de 10 millions de touristes en 2014, mais 2015 pose problème…

Le Maroc a accueilli plus de 10 millions de touristes en 2014, mais 2015 pose problème…

C’est lors du Conseil d’administration de l’Office marocain du tourisme (ONMT) que le chiffre a été révélé. La saison a semble-t-il été sauvée par les performances des huit premiers mois 2014, qui s‘inscrivaient dans une tendance de reprise depuis 2013. Mais la conjonction du virus Ebola, de l’affaire de la demande de report de la Coupe d’Afrique des Nations et des actes terroristes dans la région ont entraîné un recul des arrivées d’août à décembre. Et la tendance se confirme en 2015…

2014, bon cru

Ainsi, de janvier à août 2014, et en comparaison à la même période un an avant, les arrivées aux postes frontières ont enregistré une hausse de + 8%. Mais pour les quatre derniers mois, il y a eu un recul de 5% de ces arrivées, toujours par rapport à 2013. La psychose Ebola était là, les terroristes de Daech ont frappé en Algérie et le ministère français des Affaires étrangères avait lancé son fameux « warning », classant le Maroc comme pays à risque, avant de se rétracter, mais le mal était fait.

Cela étant, et malgré ce contexte difficile, le Maroc a pu mieux faire qu’en 2013, avec des taux de croissance à 2 chiffres pour certains marchés comme la Pologne (+35%), le Royaume Uni (+14%) ou encore la Scandinavie (+ 13%). De fait, le Maroc doit se tourner vers ces nouveaux marchés émetteurs de touristes, en remplacement des touristes « classiques » venant d’Espagne et de France, secoués eux aussi par la menace terroriste et plutôt craintifs...

Mais globalement, l’année 2014 a été un bon cru en tourisme, indique le DG de l’ONMT Abderrafia Zouitene, avec une croissance globale de +2,4% des arrivées, totalisant 10,3 millions de touristes. L’Office s’est montré particulièrement agressif sur le plan des partenariats avec les grands tour-opérateurs et professionnels du e-business : une cinquantaine de contrats ont été finalisés, générant un flux global estimé à plus de 600.000 touristes, en plus de 14 conventions signées avec les tour-opérateurs leaders en ligne.

2015 en sursis

L’année 2015 semble moins prometteuse. Encore et toujours la crainte du terrorisme ; en effet, avec les attentats de Paris, ceux de Tunisie et la sur-communication de la police marocaine sur les démantèlements de groupes et cellules terroristes, les touristes réfléchissent à deux fois avant de réserver pour le Maroc.

Ainsi, durant les trois premiers mois de 2015, on a enregistré un net recul des arrivées de touristes,  notamment du marché européen. La ville de Marrakech, qui draine l'essentiel des touristes au Maroc, a enregistré une baisse de 29% des arrivées de touristes français, celles des Espagnols ont chuté de  25%, la Belgique à -23% et l’Italie à -22%. Les visiteurs britanniques sont plus solides, leurs arrivées n’ayant reculé que de 5%.

Au premier trimestre 2015, les arrivées internationales ont baissé de 5%, contre une hausse de 10,5% en 2014. Les recettes touristiques sont passées de 12,24 milliards de DH pour le 1er trimestre 2014 à 11,56 milliards de DH pour la même période en 2015.

L’ONMT réagit

Pour le deuxième semestre 2015, et en vue de contrecarrer cette tendance au recul apparue fin 2014, l'ONMT lance un programme soutenu d'actions spécifiques à compter de juin vers le tourisme domestique et français, mais aussi et surtout pour début septembre. En effet, une action d’envergure est prévue, qui portera essentiellement sur l'organisation RP d'événements pour la presse, les forces de vente et Tours Opérateurs, de reportages Tv et témoignages, d'actions sur le Web, des tournées menées avec la CNT et les professionnels du tourisme marocains pour rencontrer leurs homologues étrangers des principaux marchés en relation avec les ambassadeurs concernés.

L’Office et le ministère – comme par ailleurs certains autres départements ministériels – devraient donc mieux utiliser la presse électronique pour relayer leurs messages. La publicité, c’est sans doute bien, mais ce n’est pas suffisant. C’est surtout les actions éditoriales et journalistiques qui devraient être mieux pensées au niveau des décideurs du tourisme, dans des actions conjointes entre professionnels des médias marocains et leurs homologues étrangers. L’ONMT semble l’avoir compris, et c’est tant mieux.

 



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