La police marocaine se modernise, et tire…
Sur les six derniers mois, les policiers marocains ont fait usage de leurs armes de service pas moins de 19 fois, mais en état de légitime défense. Les agents visent en général la partie inférieure du corps, sauf à une seule occasion, quand un policier a tiré la semaine dernière à Casablancasur une fille qui s’approchait de lui, armée d’un sabre, l’atteignant à la tête. Par ailleurs, des caméras numériques seront fixées sur les casques des inspecteurs de la PJ en moto.
La Direction générale de la police nationale (ou DGSN) a émis une circulaire destinée à la mise à niveau de ses agents. Ces derniers, qui n’ont pas fait usage de leurs armes à feu depuis une période déterminée, devront suivre des stages à l’Ecole de police de Kenitra. Il est vrai que la criminalité connaît une certaine recrudescence, et aussi un changement qualitatif. Les agresseurs sont plus armés et surtout mieux armés, et l’uniforme de la police semble ne plus avoir le même effet dissuasif qu’avant.
La semaine dernière, un policier de Casablanca a en effet dû tirer sur une jeune femme, appartenant à une bande criminelle qui venait de procéder à un casse sur un véhicule. Durant le mois de ramadan, et suite au lynchage d’un homosexuel à Fès, les agents de police avaient dû brandir leurs armes de service pour calmer les ardeurs d’une foule énervée et voulant à tout prix en découdre avec le jeune homme. Et puis, voici quelques jours, à Tanger, un groupe de trois individus a attaqué un fourgon de transport de fonds à l’arme de guerre. Il est donc plus qu’utile que les policiers au Maroc (ré)apprennent l’usage de leurs armes.
Par ailleurs, la DGSN a aussi décidé d’équiper les casques de ses inspecteurs de patrouille en moto de petites caméras numériques dans le double objectif d’identifier des suspects qui auraient réussi à prendre la fuite après leur interpellation, et aussi pour déterminer les circonstances de leur arrestation et, éventuellement, de l’usage des armes de service par les agents.
Cela étant, la DGSN reste très ferme quant à l’utilisation des armes, en cela que des contrôles fréquents et inopinés sont effectués, en vue de contrôler le nombre de munitions détenues par les agents et de s’assurer qu’elles n’ont pas été (abusivement ?) utilisées.