De l’avantage de la fusion entre DGSN et DST (vidéos)
L’efficacité accrue des services de police est due entre autres à la récente fusion entre la Direction générale de la sûreté nationale et la direction de la surveillance du territoire, intervenue après la nomination d’Abdellatif Hammouchi à la tête de ces deux institutions. C’est du moins ce que pense Abdelhak Khiam, chef du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) relevant de la DST, qui a fait cette déclaration en marge de la présentation à la presse ce weekend du dernier coup de filet de tous ces organismes à Tanger.
La bande interpellée, constituée de 4 personnes, dont deux Belgo-marocains, est derrière l’opération de braquage, ratée, contre un fourgon de transports de fonds à Tanger, le 13 août dernier. Après leur arrestation, il s’est avéré que les membres de ce gang sont les auteurs également du braquage, réussi alors, contre un autre fourgon blindé en février 2014 (butin de plus de 5 millions de DH), ainsi que de l’assassinat d’un homme en vue du vol de son véhicule, en 2013.
Pourquoi la bande qui avait commis son braquage voici un an et demi n’a-t-elle été interpellée que maintenant ? La réponse Khiam est claire, et elle a été répétée plusieurs fois : « L’intervention réussie de la police et la mise hors d’état de nuire de la bande en un temps record a été rendue possible par la parfaite coordination entre les différents services de police, en cela que le Maroc est l’un des très rares pays disposant d’une structure pyramidale des services de police avec un responsable unique (Abdellatif Hammouchi, NDLR) ». Mais, plus grave encore est celle allusion du chef du BCIJ à la possible allégeance religieuse d’un des membres du gang, un fait qui pourrait permettre un rapprochement entre cette cellule et d’autres, agissant dans un cadre terroriste et non seulement criminel, mais aucune preuve n’a encore pu apportée à cela ; les investigations se poursuivent. « Un des quatre membres de la bande est engagé sur le plan religieux… Seule l'enquête du parquet pourra établir les liens avec le terrorisme jihadiste. Nous en sommes encore au stade des suspicions et des interrogations », a expliqué Abdelhak Khiam.
Un véritable arsenal a été trouvé dans les caches du gang : Un fusil de chasse Browning calibre 12 mm, un fusil mitrailleur marque FAB de calibre 7,62 mm avec un magasin de 190 balles, une carabine à billes et à canon, un chargeur pour fusil mitrailleur, 4 chargeurs pour fusils, des centaines de cartouches, 5 bombes fumigènes, 3 sabres, 2 poignards commandos et, 2 bâtons à décharge électrique... En plus de cela, du matériel de transmission et de communication, des appareils de brouillage de communications téléphoniques, des masques en caoutchouc…
Le chef du BCIJ a indiqué que les quatre hommes avaient tout fait pour effacer les pistes pouvant amener les policiers jusqu’à eux. Usage des masques et de tenues spéciales, le tout ayant été brûlé à la suite de l’opération du 13 août.
Par ailleurs, les éléments du BCIJ ont mis la main sur une structure de production de marijuana, avec des plants et aussi du matériel de culture et d’emballage. On ne sait toujours pas si cette production de marijuana était destinée à la consommation du gang ou à la commercialisation, mais la dernière hypothèse pourrait être la bonne.