Mustapha el Khalfi se dresse comme un mur face à l’AFP
S’il est une fonction dans laquelle notre ministre de la Communication excelle, c’est bien celle de répondre aux médias internationaux, en étant le plus « clair » possible. Dernier événement en date, une dépêche de l’AFP sur les murs de séparation érigés ici et là sur la planète ; el Khalfi n’a pas apprécié que l’agence intègre le mur de sécurité du Sahara parmi ces fortifications sécuritaires, dites de séparation.
« La mondialisation a aboli bien des frontières pour les marchandises, mais pas pour les humains : les inquiétudes sécuritaires et les désirs d'endiguer l'immigration illégale font s'élever des murs de par le monde », dit l’AFP… « Le mur défensif de sable a été construit pour garantir le droit du Maroc à la préservation de sa sécurité et pour lutter contre l'utilisation du Sahara comme passage pour les réseaux terroristes, le trafic des êtres humains et le trafic de drogue », répond le ministère… c’est-à-dire qu’il dit la même chose.
Mustapha el Khalfi a été toutefois inspiré de rappeler que « le mur défensif de sable, tel que décrit par le rapport du Secrétaire général de l'ONU le 20 octobre 1988, n'est pas un mur de séparation. Un point de passage est en effet opérationnel et ouvert aux populations concernées ».
Le ministère aurait pu également ajouter que, contrairement aux autres murs dans le monde, érigés contre des populations civiles essentiellement, celui du Sahara est destiné à contrer les intrusions meurtrières des gens du Polisario sur le sol marocain. Il a été décidé bien avant que la région ne soit infestée par les trafiquants en tous genres et parcouru par les flux migratoires Cette barrière est donc d’origine d’abord militaire, avant qu’elle ne soit judiciaire, c’est-à-dire anti-immigration et anti-trafics.
Le mur de sécurité au Sahara, d’une longueur de 2755 m, a été construit par l’armée marocaine entre 1980 et 1987. Il est l’œuvre du défunt général Abdelaziz Bennani, commandant de la Zone sud de 1983 à 2014. Il dispose de protections électroniques et militaires, et, contrairement à ce qui en a été dit, présente des ouvertures permettant aux populations civiles de la région de le franchir. Dès son achèvement, les batailles rangées entre les FAR et les troupes du Polisario ont été « réduites » au rang d’escarmouches, les Marocains se battant alors sur leur sol. En 1991, constatant que c’était peine perdue de poursuivre les attaques, le Polisario avait accepté un cessez-le-feu qui dure encore aujourd’hui, malgré les rodomontades et gesticulations cycliques du chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz.