Ces partis en campagne électorale qui contournent les lois !

Ces partis en campagne électorale qui contournent les lois !

Les hommes politiques promettent tout et n’importe quoi. A les croire, le Maroc deviendra la Suisse en moins de temps qu’il ne faut pour y aller… mais dès la campagne électorale pour le scrutin du 4 septembre lancée, voilà qu’ils reviennent à leurs habitudes premières et font peu de cas du droit et des lois. Ils contournent la HACA et la réglementation précise des temps de parole, usent de symboles nationaux ou font travailler des enfants.

Les temps de parole sont soigneusement réglementés dans les médias audiovisuels. Mais cela n’a aucune importance car les candidats et leurs partis ont découvert, certains depuis longtemps et d’autres sur le tard, qu’ils pouvaient user et abuser des réseaux sociaux pour atteindre les gens. Il existe 17 millions d’internautes au Maroc, et quelques 7 millions de pages Facebook. En face, la télévision n’attire que quelques centaines de milliers de personnes par jour, et encore, il faut que les programmes soient de bonne facture ce qui, on en conviendra, est exceptionnellement le cas. La campagne électorale de cette année ne se déroule pas sur les écrans télé mais sur ceux des ordinateurs et des smartphones.

Et voici donc les candidats qui passent plus de temps à tourner des vidéos qu’à tourner dans les rues. On les voit là dérouler ce qu’ils disent être leur programme ; on les observe ici s’adresser à des foules endormies dans des meetings soporifiques. Ils expliquent, s’expliquent, répliquent… toujours dans les réseaux, le regard fixé sur une caméra. Et c’est ainsi que nous trouvons des chefs de partis inconnus ou (si) peu connus envahir la Toile et devenir audibles bien plus que ceux qui ont quelque chose à dire et mieux à présenter. Nous en avons d’autres qui ne cessent de s’exprimer pour dire tout et n’importe quoi, en temps normal, et qui grossissent un peu le trait durant cette campagne.

Les symboles nationaux, à leur tour, font leur entrée dans les réseaux. Les mosquées, la carte du pays, le roi dont le portrait est incidemment posé derrière le candidat qui s’exprime ou se fait prendre en photo. Récemment encore, le candidat RNI très controversé Moncef Belkhayat est apparu sur une vidéo avec une photo le représentant avec le roi Mohammed VI. Il aura fallu une levée de boucliers de ses adversaires et des internautes pour qu’il retire cette photo lors des vidéos suivantes. Plusieurs autres candidats ont souvent fait allusion au roi, à la politique du roi, aux institutions du pays pour faire passer leur message politique.

Et, enfin, le travail des enfants. Sur les réseaux, plusieurs internautes ont attiré l’attention du public sur ces images d’enfants portant brassard de tel ou tel parti et s’apprêtant à aller distribuer des tracts dont ils ne connaissent même pas le contenu. Sont-ils bénévoles ? C’est alors de l’exploitation. Sont-ils rémunérés ? C’est illégal… et c’est surtout dangereux de faire sillonner les rues des quartiers à des enfants, par une chaleur estivale qui persiste, et c’est aussi déplacé d’utiliser des enfants pour aller importuner des passants qui n’osent pas les renvoyer car, après tout, ils ne font que ce qu’on leur a demandé de faire. Les partis concernés par la mobilisation des enfants (avec images en faisant foi) sont, à aujourd'hui du moins, le PAM et le PJD.

Tout cela est inédit dans une élection au Maroc. Et il est possible que les résultats aussi soient inédits. Mais avant, il est fort probable que nous aurons un taux de participation que bien malin serait celui qui réussirait à le mesurer.



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