Mustapha Bakkoury tient son meeting à Casablanca, mais le finit en queue de poisson
Hier, le PAM tenait meeting électoral à Casablanca, dans le centre de l’Office des changes. Tous les responsables du parti, ou presque, étaient là, menés par leur secrétaire général Mustapha Bakkoury, qui s’en est violemment pris à Abdelilah Benkirane lors de son discours.
Le chef du gouvernement avait dit lors d’une précédente réunion avec ses cadres qu’il ne disposait pas de 500.000 DH en banque. Mustapha Bakkoury lui a répondu que lui avait ses propres investissements et que tout ce qu’il possédait était en banque. Une façon de suggérer que Benkirane détient des avoirs discrets…
Mustapha Bakkoury est revenu sur le fameux slogan de Barack Obama, « yes, we can », repris voici quelques jours par Abdelilah Benkirane, et a dit à ses ouailles de répondre « yes, we PAM ». Poussif, tout de même… mais les attaques sont régulières : « Benkirane sent une chape de plomb tomber sur lui de haut, et il commence à fabuler et à inventer des histoires. Occupez-vous de ce qui vous concerne, M. Benkirane, vous avez encore du travail à abattre », lance le SG du PAM à son rival.
Le patron du PAM s’en également pris à Nabil Benabdallah, qu’il a critiqué, et tourné en dérision, pour avoir esquissé des pas de danse la semaine dernière au rythme d’un bendir « l’ère des grands dirigeants de parti n’est plus qu’un souvenir ! », a martelé Bakkoury… En effet.
Le problème était cependant ailleurs… La salle, comble, était en grande partie emplie de gens amenés par les candidats PAM, c’est-à-dire des non-militants. Des « salariés » de campagnes électorales qui ont tôt fait de quitter le meeting dès la sortie (tumultueuse) de Bakkoury. Plusieurs confrères présents sur place ont rapporté que ces gens passaient le plus clair de leur temps à chercher une cigarette ici et là, faisant peu de cas de la harangue du SG et attendant qu’on les ramène à leur bus pour s’en revenir à leurs foyers (après avoir été payés…). C’est quand peu sérieux pour un parti qui se présente comme un des « grands » de ce pays de s’adjoindre une pareille clientèle…