Ces chefs de partis qui s’accusent face au mutisme de la justice
Cette campagne électorale aura été riche en révélations apportées par des chefs de parti contre d’autres chefs de parti. A les en croire, peu de « leaders » auraient les mains blanches et pures comme les slogans qu’ils brandissent et qu’ils clament à n’en plus pouvoir ; mais les accusations restent graves et il est curieux que les parquets ne s’en saisissent pas…
La palme d’or des accusations revient à Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement, en principe chef hiérarchique du chef du parquet, son ministre de la Justice Mustapha Ramid. Ainsi, parlant du PAM dimanche 30 août à Agadir, il a explicitement accusé ce parti, ou certains de ses responsables, de faire dans le commerce de stupéfiants pour financer tant de choses ; il a ainsi parlé de « cet argent accumulé avec la poudre et cette fameuse plante ». On se rappelle qu’il avait souvent accusé le secrétaire général adjoint du PAM Ilyas el Omari d’être un « mafioso ». mais de preuve, point…
Le chef du gouvernement a aussi attaqué le SG de l’Istiqlal Hamid Chabat en disant que « voici une vingtaine d’années, ce monsieur ne possédait même pas une voiture, et le voilà qui, aujourd’hui, achète des véhicules de 800.000 DH à ses enfants ».
Pour sa part, Mustapha Bakkoury a implicitement accusé le même Benkirane de détenir des avoirs ailleurs qu’en banque, le mettant en demeure d’en parler en public.
Ce sont là des accusations d’une grande gravité, mettant en doute l’intégrité du personnel politique de « haut niveau ». Soit ces accusations sont fausses et celui qui les profère doit être sanctionné pour diffamation, soit elles sont exactes et alors, les parquets devraient s’en autosaisir.
Mais au Maroc, il semblerait que les gens font si peu de cas des discours des hommes (et femmes) politiques qui, en mal d’idées et de propositions concrètes et crédibles, préfèrent s’attaquer à leurs adversaires sur le plan personnel, quitte à faire du buzz avec de fausses informations.